‹ Sainte Térèse, écrivainChapitre 97 sur 108 · PARAGRAPHE IV L'ART DE BIEN DIRE · texte numérisé non relu

PARAGRAPHE IV L'ART DE BIEN DIRE

Le 17 mars 1582, six mois avant de mourir, Sainte Térèse écrivait encore à sa grande amie, la prieure de Séville, Sœur Marie de Saint- Joseph : « Votre Révérence possède à un tel degré l'art de bien dire, qu'à tenir compte de mon opinion, on l'élirait comme Fondatrice après ma mort ».

C'est que toute sa vie, avec son jugement perspicace et son exquise sensibilité, Térèse avait apprécié très haut cet art délicat. Marie Briceno l'avait subjuguée par là dès sa jeunesse ; et ce fut un des motifs, et non le moindre, de sa profonde affection pour Marie de Saint- Joseph. Elle n'ignorait pas que, fondé sur d'autres qualités, le don de la forme révèle un cerveau clair et que quiconque sait discipliner ses paroles, sait aussi, bien souvent, discipliner ses gestes et conduire les hommes. Voilà pourquoi, après une longue expérience, elle mettait cette corrélation étroite entre l'art de bien dire et la suprême dignité de son Ordre.

N'allons donc pas la prendre au mot lorsqu'elle-même traite son style de « grosero » ou qu'elle déclare : « ma gaucherie est incapable de rien exprimer x » ; c'est l'humilité qui parle ou le regret de sentir l'impuissance matérielle des mots à porter sa pensée. Elle estimait trop tout ce qui est limpidité et cet art très spécial d'énoncer clairement ce qui fut bien conçu, pour ne pas s'efforcer

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