‹ Sainte ThérèseChapitre 15 sur 59 · I. Le Château intérieur^ 3** dem., cbap, ir · texte numérisé non relu

I. Le Château intérieur^ 3** dem., cbap, ir

Celle-ci certes, elle est le premier fonds nécessaire, le fonds persistant de toute vie religieuse. Quand la' sainte en parle, elle multiplie les métaphores les plus expressives : c'est le pain quotidien, avec lequel il faut manger la nourriture la plus délicate de la vie mystique; les grâces surnaturelles sont comme des dons royaux qui ne se négocient pas, qui ne s'échan-' gent pas, c'est un argent prêté qui peut être redemandé à tout moment, c'est une fortune qu'un mouvement d'orgueil peut anéantir en une seconde, tandis que l'humilité, elle, est une monnaie qu'on a toujours à sa disposition \ qui a cours partout, c'est un londs assuré, une rente perpétuelle, et, quoique Dieu, dans sa miséricorde, accepte de nous en paiement tout ce que nous lui donnons de bon cœur, il n'est rien qui nous libère autant auprès de lui que le sincère aveu de nos misères et le regret de nos fautes. L'humilité vraie est encore un préservatif contre les tentations subtiles qui sortent du sentiment même des grâces reçues. Plus on travaille au bien des autres, plus on est exposé à oubUer les périls auxquels on est exposé soi-même. Or, il ne faut jamais se laisser aller à une sécurité trompeuse qui exclue la crainte de tomber de nouveau. Mais d'autre part, la pire de toutes les chutes, c'est celle dont on croit faussement qu'on n'aura pas la force de se relever*. On s'imagine alors que si on rampe à terre, c'est par un juste sentiment de sa bassesse. La est le péril suprême, là est l'arlifice le plus subtil, le plus caché, le plus pénible de l'esprit du mal.

L'âme n'a plus de lumière pour aucun bien : elle

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