I. Voyez plus haut, p. 77, note a. a. Fie, XIII
parlent un langage muet que n'entendent pas les oreilles vulgaires. Il leur en coûterait de a discourir », c'est-a-dire de méditer. A ceux qui pratiquent ainsi iWaison de quiétude et la contemplation, notre sainte a bien soin de rappeler que ni l'une ni l'autre n'ont rien à gagner à exclure « l'intelligence » . Elle a ici des distinctions extrêmement fines. « Cette impuissi.rce de discourir j écrit-elle, leur fait croire qu'elles ne peuvent point penser aux souffrances du Sauveur, ce en quoi elles se trompent*. » — a Que les paroles, ^ dit-elle ailleurs, soient comme ce souffle léger qui ranime une bougie éteinte et non comme ce souffle plus fort qui l'éteindrait si elle était allumée*. » Arrière, ces âmes maladroites qui s'imaginent qu'à supprimer toute vie de la raison et tout souffle de la pensée elles prépareront mieux la place à l'action divine ! Elles s'imposent ainsi une sorte de contrainte artificielle qui les dessèche. Ce danger n'existe pas uniquement pour les âmes qui, ne se voyant pas appelées à l'oraison de quiétude et craignant de rétrograder, font la sottise de mépriser la méditation ; il existe aussi pour celles qui se figurent, bien à tort, que la haute spiritualité réclame l'abandon comme le mépris de la sainte humanité du Sauveur'. Sainte Thérèse avait déjà devant elle, en son siècle et en son pays, de ces faux mystiques. Elle les ménage dans les termes, car elle sait qu'on l'accuse de faire le docteur ; mais tout en abritant sa doctrine sous le récit de ce qu'elle éprouve et l'explication de ce à quoi elle se sent appelée, elle sait mettre aussi en relief les exemples des grands méditatifs qui l'ont prc-