‹ Sainte ThérèseChapitre 25 sur 59 · Le Chemin de la perfection^ vi · texte numérisé non relu

Le Chemin de la perfection^ vi

2. Le texte qu'on Ta lire a été traduit pour la première fois dans la récente édition du P. Grégoire de Saint-Joseph,

raît difficile de trouver rien de plus résolu. Il est non moins difficile de méconnaître à quel point elles concordent et avec les leçons si a mères de son expérience et avec les efforts personnels qu'elle eut à faire si souvent pour parvenir à s'éclairer*.

Il y a lieu d'insister un peu plus sur la question,

I. Nous devrions peut-être dire : pour éclairer les autres..., du moins sur sa vocation que beaucoup méconnaissaient. — Plus tard, ceux à qui cette liberté déplut s'efForcèren de la restreindre, et ils eurent la prétention de s*appuyer sur des textes où ils disaient voir la preuve d'un revirement d'opinion, comme pour la question des sœurs converses et pour la question des revenus. Leurs arguments très pointilleux ne peuvent prévaloir contre les déclarations formelles de sainte Thérèse et contre les témoignages de ceux de ses contemporains (Ribera, Yepès) et de celles de ses filles (comme Marie de Saint- Joseph) qui Pont le mieux connue. Ont-ils sollicité les textes avec un peu trop d'habileté? Ce n'est pas à nous à entrer dans cette partie de débat. Ce qui, après des lectures complètes et des explications variées, nous semble évident et nous suffit, c'est que la Mère n'a jamais, sur ce point qui lui tenait tant à cœur, modifié l'expression de son opinion. Qu'elle ait un jour trouvé sage que telle religieuse de tel couvent s'en tînt à son confesseur ordinaire, à celui de l'Ordre, cela est possible. Encore a-t-elle soin d'ajouter tout de suite : « Vous pouvez, en outre, lui permettre de s'adresser de temps en temps au P. Rodrigue Alvarez » [Lettres, II, 448). Le conseil adapté à un cas particulier n'avait donc point la portée générale des textes qu'on a lus plus haut. En d'autres circonstances, elle a conseillé de s'adresser aux Jésuites; puis elle a souhaité de pouvoir se passer d'eux {Lettres, III, igS), ce qui, pour le dire en passant, prouve qu'elle n'entendait jamais se lier ni lier ses filles. Elle se reconnaissait donc le droit de varier ses conseils suivant les personnes et les conjonctures. Mais en le faisant, elle gardait, disons mieux, elle consacrait le principe de la liberté, quitte à le régler, selon les temps et les lieux, par des avis de nature à prévenir tout danger de caprice et d'incohérence.

si débattue, de savoir à quelle juridiction sainte Thérèse désirait que ses couvents fussent soumis.

Voyons premièrement les faits. Quand elle fonda Saint- Joseph d'Avila, elle quitta la juridiction des Carmes pour se mettre sous la juridiction de Tévêque. Tout d'abord elle dit très clairement dans sa Vie : J'acceptais a une obéissance qui n'était pas de mon goût ». Elle y trouva toutefois « beaucoup de consolation et de paix ». — a J'avais de la peine h me soustraire à l'obéissance de mon Ordre ; cependant le Seigneur m'avait dit qu'il ne convenait pas de lui soumettre le nouveau monastère, et il m'en avait même fait entrevoir les raisons.... Ce qui est arrivé m'a fait voir combien il était important de nous mettre sous l'obéissance de Tévêque. » Ces raisons étaient tirées des circonstances, et elles n'ont rien de mystérieux. Il s'agissait de fonder un monastère sans revenus, et cependant il fallait bien que les religieuses vécussent. Si elles s'en remettaient à la charité des fidèles, il leur fallait de toute nécessité l'appui de l'évêque, comme celui du conseil de la ville. Aussi lisons-nous dans un mémoire envoyé au chapitre d'Alcala * : « Comme l'Ordre refusa d'admettre ce monastère sous sa juridiction, on le soumit à l'Ordinaire. L'évêque d'alors s'appelait Don Alvaro de Mendoza. Il nous favorisa beaucoup pendant son séjour à Avila : il nous donna toujours le pain, les remèdes nécessaires et une foule d'autres aumônes. Quand il se décida à quitter le siège d'Avila pour celui de Palencia, il s'occupa lui-même de nous faire passer sous la juridiction (!e l'Ordre : cette mesure lui sembla convenir davantage à la gloire de Dieu, et nous fûmes toutes de son avis. » Cet avis, elles

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