I. Lettres^ III, gS
ravaîent même devancé, car si la pieuse Mère s'exprime là en termes, pour ainsi dire, officiels, nous voyons très bien dans sa correspondance une autre diplomatie à Fégard de Tévêque. Lui seul, semblet-elle lui dire, méritait sûrement l'exception qui avait été faite ; il serait téméraire de la renouveler. « Quant à la nécessité, lui écrit-elle (en août 1577)*, et au besoin où nous pourrions nous trouver parce que notre évêque ne s'occupera plus de nos monastères, n'en ayez pas de peine : nos monastères^ en se prêtant un mutuel concours^ s* assisteront mieux quen comptant sur leur évêque,,, » ... Il est vrai qu'après avoir écrit cette phrase, elle se hâte de l'adoucir en ajoutant : « car nous n'en aurons jamais un autre dont la charité égale celle de Votre Seigneurie. Si encore nous pouvions jouir de votre présence dans cette ville ! Toute notre peine est d'en être privées. »
Donc, il n'y a pas à en douter, la réformatrice aime mieux rester, avec tous ses autres couvents, sous la juridiction d'un même Ordre, que de continuer à être sous une juridiction épiscopale isolée (si utile que celle-ci ait pu être dans les débuts). Dans une lettre au P. Gratien, de décembre 1576, elle s'exprime avec plus d'énergie, parce que là, rien ne la retient : « Je suis bien persuadée qu'on ne trouvera aucun remède pour nos monastères de religieuses, tant qu'il n'y aura pas quelqu'un de la famille pour les diriger. Bien que le relâchement existe dans des monastères soumis aux religieux, il n'y a pas autant d*abus que dans ceux qui sont soumis aux Ordinaires. Ce qui se passe dans ces derniers est une chose qui m'épouvante*. » Main-