‹ Sainte ThérèseChapitre 27 sur 59 · I. Lettres^ II · texte numérisé non relu

I. Lettres^ II

a. Ce fragment vient d*être traduit en français pour la première fois, — Aujourd'hui qu'une certaine politique paraît

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tenant cette juridiction doit-elle être nécessairement celle des Carmes ? Voilà encore une autre question qui a fait couler des flots d'encre. Ceux qui la résolvent affirmativement ont pour eux le texte même que je viens de citer. Ce qui peut la compliquer dans une certaine mesure, c'est qu'il y a eu deux espèces de Carmes, les chaussés ou mitigés et les déchaussés ou réformés*. Or, ce qui apparaissait depuis longtemps avec une pleine évidence, c'est que Thérèse cherchait par toutes sortes de moyens à se soustraire à la juridiction des mitigés. « Oh ! comme je voudrais voir les religieuses soustraites à la juridiction des mitigés ! C'est de la que vient tout le mal. p Le voulaitelle à tout prix? Ici nous pouvons hésiter, car je crois qu'elle hésitait elle-même. Dans un fragment d'une lettre' d'août iS^S, elle discute avec une sorte d'angoisse sur la possibilité d'échapper à la juridiction des mitigés, a Vous pourriez, dit-elle à son correspondant (inconnu), donner à entendre, non comme le tenant des Carmélites, mais comme l'ayant deviné, qu'elles passeraient sous la juridiction de l'Ordinaire plutôt que de consentir à voir les Carmes chaussés entreprendre la visite chez elles et les diriger.... En tant que Carmélites réformées nous aurions pu nous opposer à accepter le gouvernement des Pères miti-

vouloir remettre en honneur la juridiction exclusive des ëvêques sur tous les ordres religieux, le lecteur trouvera sans doute qu'il vaut la peine de peser ces témoignages de sainte Thérèse.

I. Nous insistons ici sur ce point, pour mieux faire comprendre ce qui suivra sur la réforme des Carmes et sur les luttes fameuses dont elle a été l'occasion.

a. Ou non traduite en français ou complètement inédite jusqu'au travail du P. Grégoire de Saint-Joseph. Voyez Lettres, II, a63.

gés dont l'expérience était déjà faite. » Mais c'est là une sorte de menace diplomatique dont elle craindrait^ ce semble, d'abuser; car elle ajoute*: « Je ne voudrais pas toutefois en venir là, à moins que nous ne fussions complètement perdues ; car en vérité ce serait pour les sœurs un tourment terrible de n'être plus les. sujettes du Général de l'Ordre .... Que Dieu ne permette jamais qu'elles soient dans la nécessité que vous savez, et séparées de la juridiction d'un si bon pasteur ! Qu'il daigne pardonner à celui qui a semé la zizanie! ». Enfin elle termine en revenant à ce qui, au fond, la préoccupe plus que tout le reste : « Le point qui est de la plus haute importance, c'est la constitution d'une province séparée pour les Carmes déchaussés. »

Telles sont les données principales de ce problème que les Bollandistes n'ont pas voulu se charger de résoudre '. On peut conclure, croyons-nous, de la façon suivante :

La juridiction de l'Ordinaire apparaissait à sainte Thérèse comme une chose tout à fait exceptionnelle, tout à fait de circonstance et, somme toute, à éviter.

Elle tenait à la juridiction de ceur qui étaient ce de la famille » ; mais dans cette famille divisée, elle redoutait, et elle tenait fermement à écarter la juridiction^ des mitigés.

Enfin, cependant, elle paraissait vouloir se réserver la liberté de demander, suivant les temps, les changements de juridiction qui seraient absolument

I. Et ceci encore est traduit en français pour la premièrefois.

a. Il est vrai que quelques documents, donnés depuis lors,, leur faisaient encore défaut

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