‹ Sainte ThérèseChapitre 28 sur 59 · Le P. Bouix avait publié une lettre où la sainte expri · texte numérisé non relu

Le P. Bouix avait publié une lettre où la sainte expri

Si intéressantes que soient ces questions particulières, il en est une — encore plus controversée, si c'est possible — dont Tintérêt est plus graîid pour nous. Est-ce bien sainte Thérèse qui a fait les constitutions des Carmélites réformées?

Il ne faut pas ici abuser des passages où, avec son humilité ordinaire, elle parle des constitutions qui, dit-elle, a nous ont été données par nos supérieurs ». A coup sûr, le texte définitif, approuvé, sanctionné, promulgué, a été donné ^nn Carmélites et à leur réformatrice elle-même, qui tenait à honneur de n'être que l'une d'entre elles. Mais qu'elle en ait été l'inspiratrice, que ce soit elle qui en ait suggéré et même rédigé la partie de beaucoup la plus considérable, c'est ce dont il n'est pas permis de douter un seul instant. Non seulement les contemporains les plus compétents, tels queRibera, nous l'affirment à mainte reprise et dans les termes les plus formels ; mais la sainte en a fait très souvent l'aveu ou en a laissé dans sa correspondance des preuves irrécusables.

Tout d'abord, un bref du 7 février iSôa, confirmé par une bulle du 17 juillet i565, lui donnait, à elle et à ses religieuses, « licence et libre pouvoir » de faire des statuts et ordonnances, et arrêtait que « les dites constitutions et ordonnances » devraient être ensuite « inviolablement gardées » .

mait le regret de ne pouToir mettre le Carmel sous la direction de la Compagnie de Jésus, les constitutions de la Compagnie s'y opposant.... Le P. Grégoire de Saint-Joseph trouve xlans des rapprochements ou plutôt dans des oppositions de dates inconciliables, les raisons les plus sérieuses de douter 4e TauthenUcité de cette lettre. Vojez Lettres^ I, p. aO-^g.

Elle fit donc ce travail, qui aboutit aux constitutions*, son œuvre, et elle le soumit au P. Pierre Hernandez (le dominicain) qui les approuva.

« Reçues par Don Alvaro deMendoza, approuvées par Pie IV, les constitutions de la sainte étaient observées à Saint-Joseph d'Avila, lorsque en 1567, le P. Rubeo visita ce couvent et donna pouvoir à la sainte de fonder de nouveaux monastères. Il adopta pour ceux-ci les constitutions observées à Saint-Joseph et « chargea sainte Thérèse d'ajouter, à cet effet, aux ordonnances qu'elle avait rédigées à Avila, tout ce qui lui paraîtrait nécessaire », afin que ces constitutions « puissent s'étendre à un grand nombre de couvents* ».

C'est donc de ces premières constitutions que la Mère parle à plusieurs reprises dans ses lettres de iSjS (22 mai), 1579(21 décembre) et 1 580(20 décembre) disant, par exemple, à une religieuse d'un autre ordre : « Nous avons nos constitutions, demamlées par moiy qui nous défendent »

1. Le texte original de ces constitutions existait encore au siècle dernier. — Un religieux de l'Ordre, le P. Antoine de Saint Joachim, dit, dans le recueil intitule Aho teresîano (t. VII, p. 119) : (ï Les lois que sainte Thérèse rédigea pour les religieuses de son premier couvent de Saint-Joseph existent encore aujourd'hui originalement, c'est-à-dire écrites de sa main ; elles ne sont pas imprimées. Elles se trouvent en nos archives de Madrid et forment un in-4" de 24 pages. » On n'a pas encore retrouvé ce précieux manuscrit. Une impression en fut faite, mais, paraît-il, avec des lacunes, en 1678. L'archevêque de Tolède, en donnant son autorisation, s'exprimait ainsi : « Ce sont les constitutions que la Mère Thérèse de Jésus, fondatrice de l'Ordre des Carmélites déchaussées, fit pendant sa vie pour le gouvernement du même Ordre. »

2. Mémoire sur les Carmélites déchaussées^ t. I, p. 78. Il y est renvoyé aux sources primitives.

Cependant, en vertu d'un bref de Grégoire XIII (en date du 22 juin i58o), devait se tenir à Âlcala un chapitre où les constitutions seraient solennellement examinées et confirmées. Voici dès lors quel fut le rôle de celle qui est bien la vraie réformatrice. Elle consulta les prieures (ainsi avait fait saint Ignace pour les constitutions de sa Compagnie). Elle acceptait ou n'acceptait pas leurs observations, et elle transmettait le résultat de son enquête et de ses réflexions au P. Gratien, auquel le P. de Cuevas, qui devait présider le chapitre, avait confié les travaux préparatoires.

La correspondance de sainte Thérèse met en pleine et vive lumière cette collaboration où elle avait indubitablement la part principale. On a lu plus haut ce qu'elle écrit à propos de la liberté des confessions, après avoir examiné sur ce point Favis de la prieure de Ségovie. A chaque instant*, elle signale ainsi, pour les plus petits détails, comme la forme et TétofTe des toques, et, pour d'autres plus importants touchant au régime, la nécessité de couper court aux hésitations des sœurs « qui n'en finissent pas avec leurs scrupules ». Se pressent ensuite sous sa plume les formules suivantes : « Si vous le jugez bon, on déclarerait que.... — J'ai supplié qu'on mît dans les constitutions un article où .... — N'oubliez pas de

prescrire par un précepte formel — Voici un

point dont j'ai oublié de vous parler : les sœurs rappellent dans leurs lettres — Il faudrait que le

Chapitre déclarât — — J'ai demandé que.... — Votre Paternité aura la bonté d'ajouter — — Pour l'amour de Dieu, veuillez, malgré vos nombreuses occupa-

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