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LA GUERFE DES MITIGÉS. SUITE ET FIN

DBS FONDATIONS

Ici s'ouvre dans les fondations une lacune nouvelle (le quatre années. Elle est remplie par ce qu'on peut appeler, à trop juste titre, la guerre des mitigés et des réformés. Nous n'avons à en raconter que ce qui est nécessaire pour comprendre le rôle qu'y a joué sainte Thérèse.

Cette guerre avait commencé dès 1D75, dans cette année même où se fondaient les deux couvents de Véas et de Séville. Le nonce du Pape, Hormaneto, d'accord avec le roi, et même alors avec le Général P. Rubeo, favorisait hautement la réforme. Il avait, nous l'avons vu, nommé le P. Gratien visiteur des Pères de l'observance ou des mitigés en Andalousie et du Carmel tout entier dans la Castille. Cette mission donnée à un Père si jeune encore fut une occasion de protestation et de murmures. Les mitigés d'Italie surtout s'effrayaient des progrès de la réforme : ils craignaient sans doute, d'après le mot d'un cardinal, qu'elle ne les obligeât un jour ou l'autre à se réformer eux-mêmes. Aussi tenaient-ils {iSyS) à Plaisance un chapitre où ils votaient divers décrets restrictifs de l'action des réformés : ils les contraignaient, sous des

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peines sévères, à un certain nombre de concessions qui étaient bien près d'équivaloir à la fin de leur entreprise.

Le Général, jusque-là si favorable à sainte Thérèse, fut circonvenu et prit le parti du chapitre. En conséquence, le chapitre et lui envoyaient en Espagne un Portugais, à la fois habile et violent, le P. Tostado, chargé, comme vicaire général pour toute l'Espagne, de l'exécution des décrets. La sainte en était avisée à Séville, en mai iSjG, et tout de suite elle redoutait ce qu'elle appelait « les affaires de Rome ».

Elle avait la loyauté de reconnaître que si le P. Gratien avait eu la prudence et la modération qu'elle désirait de lui, le P. Antoine de Jésus et le P. Ambroise de Mariano n'avaient que trop réussi à tout compromettre. « Que Dieu leur pardonne ! écrit-elle à Marie de Saint-Joseph. Ils auraient pu éviter toutes les difficultés qu'ils ont avec les Pères mitigés, s'ils avaient adopté une autre mesure. Notre Père* en est très chagrin. » Le premier, en effet, par esprit de sainteté intransigeante et un peu brouillonne, le second par un reste de ses habitudes séculières et par tempérament napolitain, avaient gâté les choses en affichant contre les mitigés une humeur bien batailleuse. La réformatrice avait dû, dans des lettres au P. Rubeo', qui sont des chefs-d'œuvre, avouer et excuser tout à la fois les imprudences commises, en s'efforçant néanmoins de bien mettre à part le P. Gratien'. Elle

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