‹ Sainte ThérèseChapitre 50 sur 59 · I. Lettres^ 111, ao · texte numérisé non relu

I. Lettres^ 111, ao

qui prétend que toutes ses filles se mortifient comme elle se mortifie elle-même, pratiquent le même sy stème d'oraison, pensent h quoi elle pense, et qui ne tient ainsi aucun compte ni de la capacité naturelle, ni du degré d'avancement spirituel, ni des dons spéciaux de la grâce.

Ce mélange d'inflexibilité dans le règne absolu de la règle et de liberté dans la vie intérieure de Famé doit donner au couvent le bien le plus nécessaire et quelquefois cependant le plus menacé, c'est-à-dire la paix. La prieure, ne cherchant point à faire prédominer ses vues personnelles, ne mettra de passion en rien. La règle étant la vraie souveraine, personne ne s'étonnera que la dernière des religieuses en dénonce l'oubli au visiteur et que celui-ci leur en fasse à toutes un devoir strict. De plus, toutes étant tenues pour également dignes de respect et d'affection, il n'y aura point d'amitiés particulières, et le langage de la conversation sera libre et simple. « Il ne ressemblera pas a celui des mondaines qui se servent d'expressions élégantes, nouvelles, à la mode.... Je crois, dit la sainte, qu'on appelle cela des minauderies^,^

De toutes ces conditions réunies sortira la gaîté. Sainte Thérèse n'est ni la première ni la seule à y voir l'un des signes les plus caractéristiques de la vraie vocation religieuse ; mais on peut dire qu'elle y tenait tout particulièrement et qu'elle en donnait l'exemple. Gaîté tantôt familière et presque rustique, puisque beaucoup de Carmels d'Espagne conservent encore les tambours et tambourins et tambours de basque du temps de la sainte; tantôt assaisonnée de chants et de poésies.

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