I. Manière de visiter^ p
Pour être bîen sûre que rien ne compromette gravement l'essor de cette joie, elle a toujours en vue un ennemi qu'elle étudie, qu^elle dépiste, qu'elle pourchasse et qu'elle veut absolument mettre en fuite par tous les moyens en son pouvoir. C'est ce qu'elle appelle la mélancolie. — Pas de sainteté de mélancolie*! o Racontez, dit-elle ailleurs, les malheurs que nous avons eus avec les dévotes de ce genre.... Il vaudrait mieux ne faire aucune fondation que d'y mener des religieuses mélancoliques. Des religieuses de cette sorte sont la ruine des monastères*. »
Qu'on me permette de m'arrêter ici quelque peu ; . car la sainte est revenue bien des fois sur ce point. Dans un chapitre de ses Fondations^ elle nous donne un vrai traité sur la matière, tant elle sent qu'il y a là pour elle et pour ses prieures un des soucis principaux de leur gouvernement !
La méthode qu'elle suit — car elle en a une et très rigoureuse — est fondée sur une observation à laquelle rien n'a échappé. Pour ceux qui connaissent déjà ou croient connaître cette femme extraordinaire, n'est-ce pas encore une surprise, en eflTet, de lire chez elle des descriptions et une classification qui non seulement sont dignes de Charcot et des médecins de la Salpêtrière, mais qui les devancent? On peut se demander