I. Voir surtout le chap. xlii
a. Voyez plus haut, p. 8i-83.
3. Elle s'explique par rintërèt passionné qu'on portait alors aux questions religieuses.
4. On peut cependant s'étonner ^ et les Bollandistes euxmêmes s'en étonnent arec discrétion ^ qu'il n'ait pas tenu plus de compte du jugement de l'illustre ami de saint Ignace : Û devait le connaître.
LES AMITIÉS Èf LES CONTRADICTIONS. 21 1
Vaincue d'avoir entendu Jésus lui-même, il parlait à chaque instant du démon. Et c'est ici qu'elle jette ce cri qui se passe de tout commentaire*.
« Je ne comprends pas ces craintes qui nous font dire : le démon, le démon, quand nous pouvons dire : Dieu, Dieu, et faire trembler notre ennemi. Et ne savons-nous pas qu'il ne peut faire le moindre mouvement si le Seigneur ne le lui permet? Que signifient donc toutes ces terreurs? Quant à moi, c'est certain, je redoute bien plus ceux qui craignent tant le démon que le démon lui-même^ car pour lui, il ne saurait me faire de mal, tandis que les autres, surtout s'ils sont confesseurs, jettent l'âme dans de cruelles inquiétudes. J'ai tant soufiert pour ma part pendant quelques années, que je m'étonne maintenant d'avoir pu y résister. Béni soit le Seigneur qui m'a tendu une main si secourabJe I »
Ce fut donc pour la sainte un bien grand soulagement quand lui arriva l'amitié de Pierre d'Alcantara. Celui-ci l'encouragea dans l'abandon à ses grâces surnaturelles, il l'encouragea dans ses désirs de mortification, de pauvreté, de retour aux règles primitives, de confiance absolue en la Providence. Lui-même, d'ailleurs, donnait l'exemple, puisqu'il avait observé toute sa vie la première règle de saint François. Aussi, avec quel bonheur ne peint-elle pas cet auguste vieillard si franc dans son examen, si net dans ses explications, si peu craintif dans son approbation, si décisif dans ses arrêts, bref, d'un caractère si parent du sien ! Elle le salue donc sans hésiter
I, Fie, XXV
SAINTE THÉRÈSE. D,gi,„ed bySOGglC
de ce nom : « Un si grand maître de la vîe spiri-» luelle » ; et voici comment elle résume leurs entretiens* :
« Comme je n'ai jamais rien caché à mes guides des plus secrets replis de mon cœur, et que dans les choses douteuses, j'ai toujours dit ce qui pouvait m'être contraire, je lui rendis compte -de toute ma vie et de ma manière d'oraison le plus clairement qu'il me fût possible. Je vis presque d'abord qu'il m'entendait par l'expérience qu'il avait de ces voies, et c'était ce dont j'avais besoin; car Dieu ne m'avait pas encore fait la grâce qu'il m'a accordée depuis, de savoir faire comprendre aux autres les faveurs dont il me combla; ainsi, pour les connaître et pour en porter un jugement sûr, il fallait en avoir reçu de semblables....
« — Tl me donna une très grande lumière, et elle m'était très nécessaire.... II me dit de ne plus craindre, mais de louer Dieu II se consolait beaucoup
avec moi..., heureux de voir que Noire Seigneur m'inspirait une si ferme résolution pour entreprendre les mêmes choses — Il ajouta qu'il me restait encore beaucoup à souffrir et qu'il n'y avait personne dans cette ville qui m'entendît.... Il me laissa fort contente et fort consolée par l'assurance qu'il me donna que l'esprit de Dieu agissait dans mon âme. »
Malheureusement la mort vint interrompre assez vite une amitié si bien commencée, mais la grande mystique n'en continua pas moins à respirer. Le soulagement s'accentua quand le nouveau recteur de la Compagnie de Jésus, le P. Gaspar de Salazar, fort différent de son prédécesseur Don Vasquez, com-