‹ Sainte ThérèseChapitre 9 sur 59 · I. Voir Relation au P. Rodrigue Alvarez^ Lettres^ lll · texte numérisé non relu

I. Voir Relation au P. Rodrigue Alvarez^ Lettres^ lll

efforts de Toràison croissante et la jouissance des dons spirituels venus au-devant d'elle pour transformer tout son être. Ici le corps n'est point agent, il est patient, il ne suggère rien ; et si le sentiment qu'il a de sa force réparée contribue dans une certaine mesure au mâle courage qui s'apprête à se servir de lui, cet accroissement même de vigueur, il ne le tient que d'une influence spirituelle, et il rend ainsi à l'âme ce qu'il en a reçu.

Cette relation de 1675 n'est pourtant pas encore le dernier mot de la grande contemplative qui s'étudie, qui se connaît, qui se raconte si bien. En iSyS elle écrivait le Château de Vâme. Les allégories diffèrent, les analogies explicatives évoquent des images d'un autre genre; mais le fond est le même*, et le mouvement de la vie mystique se dessine dans la même ligne, toujours soutenue, toujours ascendante dans ce que Platon eût appelé sa dialectique intérieure. Nous reviendrons bientôt à ce sublime ouvrage pour y chercher ce qui s'y trouve surtout, des conseils donnés aux contemplatifs avec plus d'autorité et plus de clarté que jamais. Ce qu'au point de vue qui nous occupe actuellement il ajoute aux confiderces précédentes, c'est la description plus complète de la dernière demeure où l'âme de la sainte est parvenue.

Jusque-là le mariage spirituel était préparé; Tat-

I. Saiote Thérèse dit d'ailleurs en son avant-propos : « Je n'ajouterai guère, je crois, à ce que j*ai déjà écrit sur cette matière, et je crains, à yrai dire, de répéter presque la même chose ». Pourtant au chap. 11, elle se laisse aller à dire : a Saisissant mieux, ce me semble, aujourd'hui certaines choses et surtout les plut difficiles, je pourrai en parler d'une manière moins incomplète » .

tente causait à rame privilégiée un vrai martyre, qui à la vérité n'avait rien de commun ni avec la maladie naturelle, ni avec les tourments causés par le démon : il laissait même la volonté retrempée et Tintelligence éclairée, car il n'avait pour cause que des désirs plus assurés que jamais de la valeur des biens si attendus. L'union cependant n'était pas consommée. Elle va l'être enfin. Alors, plus de troubles ni de peines intérieures ; le désir même de souffrir ne cause plus d'inquiétude. Les ravissements impétueux, les extases, les vols de l'esprit deviennent rares. « Soit qu'elle ait trouvé le lieu de son repos*, soit qu'après avoir vu tant de merveilles dans ces demeures elle ne s'étonne plus de rien, soit que sa solitude cesse parce qu'elle se trouve en compagnie de son divin époux, Notre-Seigneur ne l'a pas plutôt mise dans ces demeures et ne lui en a pas plutôt fait voir toutes les beautés, qu'elle perd cette grande faiblesse qui lui était si continuelle et si pénible. »

Ainsi, tout redevient intérieur, et du fond de l'âme si éprouvée surgit une force toujours plus prête et toujours plus apte à l'action. « C'est là, mes filles, que tend l'oraison, et dans le dessein de Dieu ce mariage spirituel n'est destiné qu'à produire incessamment des œuvres pour sa gloire. Cherchons dans le saint exercice de l'oraison, non les douceurs spirituelles, mais des forces tout apostoliques pour servir notre Epoux. »

Tel est bien l'état où arriva cette prétendue névrosée. En i58i, elle fait parvenir la rédaction de sa Dernière demeure au P. Rodrigue Alvarez, par l'intermédiaire de Marie de Saint-Joseph, et elle écrit :

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