PROLOGUE. i
Elle est derrière Ervann.
Écoule. L'ombre est bonne et la lumière nuit.
Elle se penche vers Ervann.
Un morne val, au loin, temple sans murs ni porches Ni voûte, sous le ciel enfume par les torches De l'homme obscurcisseur des étoiles de Dieu, S'ouvre, farouche, aride, et sacré! C'est le lieu. Pas plus vaste qu'un champ, aussi grand que le monde, Où le serf, le bâtard, l'humilié, l'immonde, Le chétif qu'on écrase et le fort qu'on abat, L'évadé du garrot, du bagne ou du grabat. L'homme-pourceau sans bauge et l'horame-loup sans antre. Et la fécondité qui déteste son ventre, Et les vierges, saignant troupeau prostitué. Quiconque a cru, souffert, haï, maudit, tué. Tout le Malheur nommé le Mal, se rue et noie Son enfer de douleur dans un enfer de joie; Et, d'infâme ripaille et d'étranges baisers Souillant les jougs rompus et les carcans brisés. Ou du pensif orgueil de ses beautés flétries Déliant les devoirs et les idolâtries.
Dieu qui promis! Dieu qui trompas! Dieu délesté! En appelle à Satan de ton iniquité.
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plein lie peur, hagard, trenihlaiit
C'est l'église du mal, la sentine malsaine Virant le très pur Christ en Baphomct obscène; Et le Péché, sous les corbeaux, orgue huant. Dit la messe du diable à cet autel puant! xniEiK.v
qui se signe à rehours
Le prince de l'espoir, que toute plainte nomme.
Est le Père, le Fils et le Saint-Esprit homme;
Rué des Elohim au terrestre chemin.
Il devint plus grand qu'eux à devenir humain;
Lorsque aux divins bourreaux Adam vole amc trêve
Dans une parodie atroce de son rêve,
Lui se penche en pleurant vers le sabbat hurleur;
l6 SAINTE THÉRÈSE.
Il est beau comme l'ombre et comme la douleur. Obscur de notre deuil et meurtri de nos chaînes Il a dû ses pitiés aux motifs de ses haines, Et l'élernel proscrit, qui fiiit signe aux vivants Chassés en tourbillons de sable aux quatre vents Par le seigneur, le roi, l'évèque, et des masures Par la famine, et des chenils par les morsures. Les accueille, superbe élite ou troupeau vil, Dans la patrie universelle de l'exil !
Viens à lui. Sois à lui.
ERVA>N
Tais-toi!
XIMEIRA
Romps l'esclavage.
Prêtre, et comme le chien s'évade en loup sauvage Déchire en t'enfuyant la robe de ton dieu !
EUVA>>-
Non ! non !
XIMEIRA
Reste donc là, bète liée au pieu.
ERVA>>'
Le vent du ciel abat l'orgueil de la poussière.
XIMEIRA
Il n'éteint pas la flamme au flanc de la sorcière! J'aime le roi du rcve et de la volupté.
E R V A >■ N Ximeira I
\ I :m E I R A Reste là, coîur veule et cou dompté.
Au sacrilège autel je suis l'hostie épouse !
Demeure !
XIMEIRA
]"]ve m'envie et Lilith me jalouse I