‹ Sainte ThérèseChapitre 117 sur 146 · X 1 JI E I H A · texte numérisé non relu

X 1 JI E I H A

Quand j'aurai l'or et les joyaux du chœur, Part à trois!

BALBAN craignant qu'Ercol n'ait entendu.

Chut! à deux.

XIMERIA

Grand esprit, et grand cœur !

BALBAN

T'aiderai-je?

XIMERIA

On t'attend. — Du reste, c'est fecile.

BALBAN

près de l'escalier extérieur.

Quatre mille!

Plus bas.

BALBAN descendant vers la barque.

Oui, fais vite

quand Balban est dans le bateau qui va s'éloigner.

Imbécile !

La barque disparaît.

C'est la vierge de grâce et de foi, non point d'or. Que je dépouillerai d'un plus rare trésor!

Les tintements d'une horloge au loin, de l'autre coté du ileuve.

Matines sonneront bientôt ; pendant l'office La salle sera vide et le moment propice.

Elle arrache la torche du mur, commence à monter l'escalier tournant, sous la flamme fumeuse ; on la voit aus intervalles de la cage de pierre.

Sainte! ô ma ressemblance en Dieu! céleste sœur Lumineuse de ma diaboli({ue noirceur!

C'est ton parfait rebours de sublime en inf;\me, De prière en blasphème et do pur jour en flamme,

Qui monte, songe obscur, vers le rêve qui luit. Et l'cteindra dans son inexorable nuit.

Elle disparaît. La scène est toute noire. Le théâtre change.

C'est maintenant dans la grand' salle du Chapitre, au Carmeld'Olmedo. — Comme l'a dit Ximeira, une porte basse, à gauche, au premier plan; en face, un petit autel.

La salle est vaste, morne,

A gauche, en pan coupé, un portail par où l'on vient du dehors, en face un autre portail par où l'on entre dans la chapelle.

Mais le fond du. théâtre, dans une très vaste baie Oijivale. s'achève en une terrasse haute que borne une rampe avec des embrasures escaladées de plantes grimpantes.

A gauche sur la terrasse, une fontaine de pierre sculptée; adroite, sur la terrasse aussi, un crucifix de bois, très haut sur des degrés et vers lequel monte une tige de Fleurs de la Passion, très haute aussi, qui dépasse les pieds du Christ, et retombe en branches fleuries.

Le ciel, immense, est d'un bleu très doux, derrière l'image de Jésus; il est tout fourmillant d'étoiles dures au-dessus du bouquet d'arbres noirs qui surmonte la colline.

Sur la scène même, autour de la chaire abbatiale, que précèdent trois marches, quatre ou cinq bancs, mi-circulaires, espacés; sur chaque l)anc, peuvent prendre place plusieurs personnes; de l'autre cùté, au conQuent de de\ix escaliers étroits qui descendent des cellules, un poteau de fer où sont suspendus des verges de métal, des chaînes, un garrot.

Au lever du rideau, c'est une nuit merveilleuse de splendeur et de douceur.

Thérèse, presque agenouillée sur la terrasse, en deçà de l'image, dans une embrasure, contemple le ciel doux.

Juana, assise devant un pupitre, près de la chaire, relit à voix basse ce que Thérèse, il y a un instant, lui dictait.

THERESE vers le ciel

0 désiré de l'âme encore solitaire,

One volrc ciel est beau, même vu de la terre!

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