ÉPILOGUE
C'est notre infirmité de n'en point recevoir
L'éclat spirituel qu'en un grossier miroir;
Dans l'humble vision, pourtant, quelle azurée
Suavité d'amour pure et démesurée!
Vos astres qu'éteindra votre aube de demain
Sont les cierges, déjà, pour le suprême hymen
De qui l'infinité par l'espace commence.
Pas encore immortel, mais, pour une heure, immense!
Et de tout cet amour, c'est moi que vous aimez;
Il monte des lointains, il plane des sommets
Des approches qui sont nos mains de fiançailles...
En un fluide émoi de voiles tu tressailles.
Caresse du Promis qui mène vers l'autel!
Oh! je le savais bien, que vous n'êtes point tel.
Vous dont se destina du haut de la ravine
A mon vœu surhumain l'humanité divine.
Qu'un perfide abjurant la parole et l'anneau;
Sans retour s'est donné le Saint Cœur de l'Agneau
A ce cœur qui saigna dans de sublimes transes!
Mais vous m'en accordez de neuves assurances :
J'ai senti cette nuit que l'enveloppement
De votre azur étincelé de diamant
M'essayait mes joyaux et ma robe de noce!
Se tournant vers la gauche :
Qu'il est terrible aussi, le Ciel! Parfois, atroce
Et glacé, pur et dur, son orbe d'acier blçu
Figure une cuirasse énorme, aux clous de feu ;
Quel champion géant du Très-Haut las d'absoudre
Va fondre sur la terre en dégainant la foudre?
Ou bien, ces feux aigus sont-ils les pointes d'or.
Par millions, devant Michel Campéador,
D'une invisible armée archangélique en ligne
Qui se penche, immobile, et n'attend plus qu'un signe?
La nuit suspend sur le péché des nations
Les lances en arrêt des constellations!
Prosternée :
Epargnez les méchants, o charité chérie!
En implorant pour eux, pour vous aussi je prie;
IpO SAINTE THERESE.
Si grand que de leurs lorts soit votre déplaisir Vous souffrez moins à les subir qu'à les punir.
Avec une exquise càlinerie
Puis, dans ce clos abri d'ardentes innocences.
Ne mettez-vous donc plus. Seigneur, vos complaisances?
Qui vous peut irriter, vous qui disiez un jour :
J'ai dans cette maison un paradis d'amour?
Elles méritent bien qu'on pardonne à la terre,
Les voluptés de celte ruclie-monastère,
Où, grâce au divin choix du trop peu que je vaux.
Entre mes sœurs vaquant aux rigoureux travaux
Et distillant le miel des mystiques corbeilles.
Je suis, ô mon Hoi. la Reine des abeilles!
La cloche du cloître commence de sonner. — Le ciel, peu à peu, se fera moins splendide.
JUAN A
Ma mère, il est bien tard.
T II î; R È s E
sourianlc et qui descend
Nous ne manquerons point Matines.
Elle s'accoude à la chaire.
Reprenons.
relisant sur un signe de Thérise ce qu'elle écrivit naguère.
Pour que, de point en point, S'y conforment les très Révérendes Prieures Du Carmel restauré selon des lois meilleures, Thérèse de Jésus leur donne cet écrit :
Juana tourne la page et lit.
« Saintes mères de mes filles en Jésus-Christ, Gardez que dans vos mains la règle ne s'émousse; Que le fer soit aigu ! Mais que la main soit douce.
Elle tourne la page.