‹ Sainte ThérèseChapitre 121 sur 146 · SAINTE T II K RE SE · texte numérisé non relu

SAINTE T II K RE SE

...C'est la détestable abbesse qui se lève, Les crins roussis, de son sépulcre ou de mon rêve!

Elle laisse tomber sa lanterne qui se brise.

A l'aide! à l'aide! J'ai dans la nuit de ses yeux Vu flamber les anciens péchés!...

Elle fuit vers la chapelle, en levant les bras fous. XIMEIRA

Tout va des mieux.

Celle que je cherchais viendra vers qui l'assiège! Le hasard m'a fourni l'amorce de mon piège.

Parmi un coiiimcnceiuent de tumulte clans la chapelle ;

Cloître! antique témoin de mes premiers défis! Autel de mon parjure aux pieds du Crucifix! Parvis d'oii l'on gagnait des Indulgences sûres A vénérer les saints tourments de mes luxures!

Vers la chaire :

Chaire de mon orgueil !

Vers les instruments de supplice :

Verges de mes courroux !

Et toi. Christ insulté, me reconnaissez-vous? Comme un forban fameux de captures lointaines Je reviens avec plus de fourbes et de haines. Et j'apporte aux encans de l'Enfer, à foison. Les merveilleux trésors de cette cargaison!

Le bruit redouble, s'approche, va entrer.

Ah! s'il existe, sous la force qui nous mène, Ailleurs que dans la crainte ou la révolte humaine, Le Prince des péchés, mitre de sombre feu, Seigneur du Ciel d'en bas, gloire inverse de Dieu, Où le double infini s'adapte et se complète, Certes, il pourra faire une si rare emplette. Que jamais meurtre, viol, renîment baptismal. N'orna d'un tel joyau la tiare du Mal!

Les Carmélites, que guide la vieille effarée, sont entrées, s'approchent, reculent épouvantées à l'aspect de Xiuieira. — Elles s'enfuient.

Mais Thérèse parait, très calme, s'avance, Xinioira brusquement, s'humilie, se prosterne.

0 Parfaite! Je tombe à vos pieds!

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