PROLOGUE
(llTrant l'elTort de vos deux bras au lieu d'argent, Pour que les matelots insultent au visage Le passager qui n'a pas payé son passage. A genoux, sans repos de lit ni d'escabeau, ^ ous irez douze fois de l'Etable au Tombeau; Le crime aux reins, ayant de votre ignominie Fait sept parts d'esp-rance et sept parts d'agonie, ^ ous gravirez de Station en Station Les pieds saignants de la divine Ascension ! Mais, au retour, vctu de pardon sous la boue. Cachez d'où vous venez de peur qu'on ne vous loue; S'il réconcilia le prêtre mécréant, La gloire en soit à Dieu, non à votre néant; Kt vers la Sainte Grâce ineffable, infinie. Criez en vous frappant le cœur...
qui tombe à genouï devant Thérèse
Soyez bénie!
TUÉRÈSE
La servante a parlé. Mais le ALiître ordonna. Faites.
En se détournant :
Ainsi soit-il !
Puis elle va rapidement vers la porle,
^lon père 1 Ma Juana 1
^onez. Partons.
Je vis.
Entrent très vile Don Sanclicz, Sœur Juann, Lisoarda, que suivent les servantes et les vaiels. Don Saneliez, dans une heureuse surprise, embrasse tendrement Thérèse : elle dit, pendant que Lisoarda lui haise la main en pleurant de joie :
Oui, Dieu préféra vos prières,
DON s \ NCHEZ
Jésus Sauveur!
Tiii';i'. î;sE
Ses Pitiés, les lourières Du ciel, l'ont tenu clos. Partons. Je me soumets.
Pendant qu'à ces paroles on s'empresse pour le départ, les servantes reprenant les manteaux, les lanternes, et le» valets faisant signe vers le dehors, Ervann s'est approché de Thérèse en tremblant.
ERVANN
Sainte! Vous reverrai-je en ce monde?
THÉRÈSE
Jamais.
DON s A N CHEZ les bras au cou d'Ervann
La grâce du Seigneur soit dans cette embrassade!
C'est le départ, parmi les mouvements joyeui des serviteurs, Lisoarda attanlce à une iréuutlciion devant l'autel.
DON A Jl ANA
enlaçant Thérèse et l'emmenant
ïe voilà donc guérie !
THÉRÈSE
Il était plus malade.
Ervann reste seul. On entend venir du dcliors le tumulte de la mise en chemin. Il s'atténue. Oa n'entend plus que le bruit clair, ténu, des grelots. Le vitrail peu à peu se colore de matin. Ervann écoute, suit de toute son âme le bruit qui se perd enfin
Elle part. J'ai le deuil et l'oiubre à mes côtés.
Il voit le vitrail moins sombre et res^ardc au tra-
Mais le val devant elle est jonché de clartés Comme si dans la nuit mystérieuse encore Elle effeuillait la rose blanche de l'aurore.
Il sougc. Il fera comme elle a ordonné. Il va vers le fond de la chambre. — Xinieira est sortie de derrière l'épaisse tapisserie. Elle s'approched'Ervann.
• lais-tu?
.eponds-moi.
Il a pris derrière le lit un bâton. Il va vers l'autre côté de la pièce.
Voyons, parle, es-tu fou.'*