CHAPITRE DOUZIÈME
Tel est Lon^ood Old-House dans toutes ses parties ; on a retracé successivement les dispositions de chacune d'elles et les travaux que la restauration entreprise a occasionnés. On a cherché à faire passer sous les yeux du lecteur tout ce qui pouvait aider à se foire une idée précise de Taspect de cette demeure célèbre; il reste encore à dire quelcpies mots de ce que l'on voit de Longwood quand on porte ses regards au dehors de Fenceinte du domaine.
Si l'on se tourne d'abord vers la barrière d'en-* trée , dont les deux piliers sont surmontés , comme à l'entrée de la propriété du tombeau, de bombes prêtées par Tadministration anglaise, on retrouve en face de soi le petit bois de pins que Ton a lonçé en arrivant. A droite et sur le premier plan est la pelouse ou petite esplanade, sur laquelle on remarque quelques |]^ommiers et le gros pin renversé par le vent ; on voit entre les arbres la haie qui entoure la maison de Tobservatoire et les toits de Longwood New-House. Pardessus les premiers plans apparaît la crête du contre-fort qui conduit de la grille en fer à
iOS SAIMTE-UÉLËNE.
Deadwood , et on distingue les tentes du régiment de Sainte-Hélène. Au delà de cette crête et près du bois' de pins, une maison blanche entonrée d'arbres se montre sur une hauteur éloignée, c'est Aiarm-Iiouse ; à droite, une masse grise aux contours anguleux n*est autre chose que Higb-Knoii , et plus à droite encore , au-dessus de Deadwood , on voit la mer et quelques navires s'éloignaut de Sainte-Hélène pour rentrer en Europe. Hs prennent tous la même route , que leui* indique le vent , dans la direction du nord-ouest.
£u regardant plus à droite encore, la mer disparaît derrière le piton de Fiagstaff qui fait suite au plateau de Deadwood, et qui se montre à peu près au-dessus de la maison Bertrand.
Quelques ai'bres voisins de Longwood masquent un peu la base de FlagstaiF et de la haute montagne noire qui lui fait suite. Cependant on distin^^ue fort bien les déchirements des flancs de ces deux montagnes , le profil de la crête aiguë et dentelée qui les réunit, et les escarpements anguleux de cette longue masse noire
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qui porte le nom de Barn-Hill. G*est tm puissant conti'e-fort qui se relève fièrement pour former une des pointes de Sainte-Hélène. On ne peut gagner le sommet .de cette monta^jne que par un seul sentier partant des dernières hauteurs de Flagstafl , et suivant le sommet de la crête inégale qui court de Fun à Tautre. L'ascension n'est pas précisément périlleuse j on cite quelques dames qui s*en sont tirées avec hônneur; mais elle nécessite un guide qui soit en état de retrouver son chemin sur Barn-Hill au milieu des pierres roulantes et des blocs de rochers épars à la surface. On peut à tout instant être cerné par les brouillards et errer longtemps sur les parties supérieures de la montagne sans retrouver la fissure qui laisse une issue unique dans la partie la plus escarpée. Au pied même de Barn-Hill, du càté de Longwood, règne un ravin profdnd qui réunit les eaux de ûeadwood et de Longvrood New-House; c*est dans les parties les plus basses de ces abîmes , où Ton ne parvient qu'avec les plus faraudes précautions, que Ton a trouvé quelquefois des cada-
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Très de nè(];res. Ces malheureux , enlevés violemment de chez eux par la traite , amenés à Sainte-Hélène à bord des navires capturés, et entreposés ensuite dans la vallée de Hupert, ne savaient quel sort leur était réservé. Effrayés par leurs premières aventures, et se voyant enfermés dans ces baraques, où des agents subalternes les menaient rudement, ces infortunés étaient persuadés qu'ils n avaient fait que cban^ ger de bourreaux, et quelques-uns essayaient de se soustraire à leur sort par la fuite. Ceux qui réussissaient à s évader étaient bientôt hors de vue au milieu des ombres des rochers, et prenant leur course vers Test, en fuyant tout ce qui offrait des traces de la main de Thomme, ils arrivaient bientôt sur les pentes de FlagstafF et de Bam-Hill, où la terre ne leur offrait pour toute nom'ritui'c que de Therbe. Les forces ne tardaient pas à leur manquer, et ils expiraient en proie aux cruelles souffrances de la faim. Peut-être quelquesnms ont-ils cherché à poursuivre les chèvres sauvages qui se sont réfugiées dans ces solitudes, mais affaibhs par leurs