‹ SaintGervais de Rouen Église et paroisseChapitre 3 sur 27 · LÉGENDE · texte numérisé non relu

LÉGENDE

A. Soupirail ou Luminarê, f. Autel.

B. Statue de la Stinte-Vierge.

D. Presbyterium,

B. Bancs.

F. Eiidruit où devrait être placé l'autel.

G. Satraria ou diaeonk^

H. Ârc doubleau.

r. Tombeau de saint Mellon.

r. Tombeau de saint Avitien.

K. £scuiiér condui&ant à la Crypte.

fragment de chroniques de Normandie * que nous rencontrons le premier document qui nous intéresse.

Guillaume-Longue-Epée, ayant succédé à son père en 917, épottsa dame Sporta, fiUe de Hubert, comte de Senlis. Allaio et Bérenger, comtes de Bretagne, choqués de ce que leur seigneur s'alliait aux Francs et se goUTCrnait par eux, se révoltèrent contre Gaillaume. Le duc les battit et contraignit Bérenger de se mettre à sa merci ; puis il lui pardonna et lui restitua ses terres. Allain s*enfait en Angleterre auprès du rot Adelstan, qui fit tant envers le duc Guillaume, que Allain rentra en grâce et dans son héritage.

Rioul, comte du Cotentin, était aussi contrarié de ce que le duc Guillaume ne lui demandait pas conseil, et qu'il avait pour conseiller Hubert, comte de Senlis. Rioul céda h son caractère impétueux et assembla au Mans une grande quantité de Normands pour assaillir le duc Guillaume et le chasser de ses terres. U assiégea donc Rouen par deeers ioini Gnrom, * tant ^tM dus fîtti/itaiim«ii oo<f û&Mm par pèt UnUe ia tarr» de ta tiaw dê ChiUê Voici comment M. A. Labutte * raconte la bataille.

« Sur ces nouvelles, Tannée des mécontents s'ébranla, traversa la Seine et marcha droit sur Rouen, se grossissant dans sa marche de tous les gens remuants, de tous les aventuriers qui s'adjoignirent à elle.

y' A son approche, la désertion diminua celle de Guillaume ; son palais même devint désert, et c'en était fait infailliblement de la dynastie de KoUon, elle finissait avec son fils, sans la courageuse fidélité des trois barons normands

' « LesChroniqaesdo Norranndir, > pnbliées pour !a première fois, d'après un manascrU da xue siècle, par F. Michel, 1838, petit iD4*> avec une miDiatare.

' o Chroiiiqui'- de Normandie, » p. 89.

* a Histoire (ius ducb de ^ormaudie, Jusqu'à la conqoAte d'Al^ïtalim^ » pir A» Labutte, p. 79, 80, 81.

dont leB chroniqueurs nous ont transmis les noms : Anslec, Bernsrd-le-Dftnois et Bothon, comte du Bessin.

» A Texeeption de ces trois hommes, la désertion fut générale h la cour du duc ; la capitale môme désirait sa défaite, et son armée se trouvait réduite à trois cents écuvers.

» Dans cette triste situation, et se voyant investi dans sa propre demeure, le lils de Rollon tit promettre à Aioulf tout ce qu'il avait demandé.

> Mais le chef des révoltés répondit à l'envoyé de son souverain : € Betowrm wn GmUaum st dù-lm qu'U Morte au pluê i»tis d$ la «iifo et qu'U aiUe atw les tient wrt let Franfoit eet parenit. » [Petaigue Franeùt tuot parentee eiliut* Dudon de Saint-Quentin. De Morib, etAet, Norman,, lib. m, p. 95).

» Ces expressions du chroniqueur : Qu*U aiUe aeec let tient vers let Françait tes parents, sont très-remarquables et révè* lent bien la véritable cause qui avait mis les armes k la main à Rioulf et aux siens, c'est-k-dire un sentiment de nalioii;ili(t mal compris, une protomio défiance contre un chef outre déjà si avant dans la politique, dans les mœurs des Etats et des peuples voisins.

» A cette réponse menaçante, Guillaume, très-peu guerrier de sa nature, malgré la grande épée qu'il traînait d'habitude et qui lui valut son surnom, sortit immédiatement de la ville et se retira sur une colline d*oik il dominait l'armée ennemie.

» Eflfrayé du nombre» il sentit son cœur défaillir et annonça à ses fidèles quil allait se réfugier en France; mais Bothon,qui l'avait élevé, l'apostrophant alors avec une fiirieuse rudesse : « Oh I couard, ne croyez pas que nous vous sui- » vions; les Francs nous rendraient tout le mal que nous » leur avons fait. Non, non, si vous fuyez nous retournerons » dans le Nord, ou faute de ces terres-ci nous saurons en » conquérir d'autres ; puisque vous n'osez combattre, allez » vivre méprisé en France 1 Le ûls de ce Rollon, qui a soumis » le pays par sa prouesse, ne lui ressemble guère ; ses en*

» nentis ne Tout pas encora Couché, et d^jà il le meurt' de » peur. »

» Cette rode leçon de son ancien maire releva les forces

morales de Guillaume, et après avoir promis à ses trois amis de combattre avec eux à la tète de sa cliétive armée, il tint parole; alors, avec cette rage désespérée dont certaines natures faibles trouvent quelquefois les leriibles eniportements dans un moment suprême, il fondit sur les insurgés qui, pris à l'improviste et bien loin de s'attendre à ce coup de force, n'eurent pas le temps de se rallier, car, dit Robert Wace, on vit Guillaume férir comme un bmfeturagé!

» Bientôt de nombreux cadavres jonchèrent le pré sur le^ quel étaient campés les insurgés, pré qui a pris à cette occasion et a gardé jusqu'à nos jours le nom de Pré de la BataiUe i . [Pratum bêUi. Dudon de St-Quentin, lib. m, p. 97). »

Richard I*' était enfant à la mort de son père (9i3) 2. Louis d'Outre-Mer, roi de France, se proclama tuteur du jeune duc pour faire passer la Normandie sous sa juridiction. Il « institua gouverneur du coraté, Raoul surnomme le Tort, qu'il chargea de percevoir sur ses sujets les impôts annuels, de rendre la justice et d'administrer les autres affaires dans toute la province. Cet homme, plus méchant que les païens, fit renverser jusque dans leurs fondements lous les monastères — (cÔme de Sainct-Gervais, Bônes-Nouvelles, Sainct- Mathieu, Saincte-Gatherine-des-Prez, autour de Rouen et autres — que les païens avaient brûlés sur les rives de la Seine» et en fit transporter les pierres pour réparer la ville de Rouen K » ^

Nous arrivons «ifin à deux ikilà important de Thlstoire

' Robert Wace, vers 2263.

' Guillaume de Jamiige*, 1. 3, ch. 11, 12, p. 238. — Dudsn de Saini- QoeDlin, p. 105. — Robert Wace, ver* 9860. — Orderie Vital, p. 0. * Dndon de Saint'Qnenlin, « Apnd Dach., » p. IS7« ' Page 33, verso de « rUistoire et Cbroniqae de Normandie. » > GaiilAïune d« JanUèfei, C iv, p. 87, édtt. Guiiot.

de saÎDl Gémis. Richard U, dae de Normandie, donna en 101 S, à Amould, 8on confesseur et abbé do monastère de Saint-Père de Chartres, emr^auPm hommrs, Téglise Saint- Gerrais et Saini-Protais a?ec tout ce qui en dépendait i ; mais Aroonld perdit ces biens par Tavarice insatiable des moines qu'il y avait placés, car l'église élant proche des murs de Rouen, tous les jours, dans la cuisine du duc, les moines recevaient, des mnins des cuisiniers ou des pêcheurs, la dîme des poissons ; ils ne la mangeaient pas et ne l'envoyaient pas à leurs frères de Chartres, mais en recevaient publiquement d'acheteurs le pris pt remplissaient ainsi leur coll're. Honnis par tout le péuple pour un semblable trafic, le bruit en Tint aux oreilles du duc qui leur ordonna, à cause de cette maladie d'avarice (propter hune avaritiœ morbom), de sortir de Tabbaye ^.

En 4020 s ou 1036 S Richard II, sentant arriver les infirmités et voyant que sa santé s'al&iblissaît de jour en jour, réunit, dans sa forteresse de Fécamp, ses trois ftls : Richard m, Robert et l'évêque Manger, les évéques d'Evreux et de Baveux, Nigel, vicomte de Fécamp, et son chancelier Hugues; là, en présence de ces personnages, il fit une donation h l'abbaye de Fécamp de grands biens, et nniis lisons dans la charte : « Item abbatiam Sancti Gervasii quœ est juxta civitatem Rothoroagum et quidquid ad ipsam pertinet. »

Il accorda aussi le droit de la foire, qui se tient encore annuellement le 49 juin, jour de la féte de saint Gervais et saint Protais. L'abbaye de Saint-Gervais resta néanmoins sous la juridiction de Farchevéque de Rouen, mais nous la Terrons passer plus lard dans l'exemption de Fécamp.

* « Annaairo de la Société de i Histoire de France, » 1838.

' a Act. SS. Bened., » sœc. 6, part, i, p. 318 de l edit. 1701.

* Senrin, 1. p. H. — Farln, 1068* « DUtoire de U ville de BotMO, » t. m, p. 223. — Toussaint Daplessls, a DescripUon gtfegnpblqoe et bistorlgnedela Haute-Normandie ^ t. ii, p. 117.

* « Nensiria pU, .i> voyez la charte p. 218.

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