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rapide, décisive, il est le Toul-puissant, et vous Fallez JDien voir. Dès que Jeaiioe parait dans vos murs •< la ville se sent réconfortée et comme désassiégée par la vertu divine qu<^ chacun savait être eu cette siniple puoelle. " Le lendemain de son arrivée, son cheval faisait Icu sur le pavé de votre rue de Bourgogne, et, queUpies heures après, la fumée qui s'élevait de la bastille de Saint-Loup donnait aux Anglais le signal de notre première victoire. Ils en étaient atterrés.
Deux jours après, 6 mai, .Jeanne a traversé la Loire : « En nom Dieu ! s'écrie-t-elle, avancez hardiment. » Vainement les Anglais se défendent tout un jour; le soir, nous couchions victorieux sur la brèche fumante du fort des Augustins.
Le jour suivant, 7 mai, les premières lueurs du jour voyaient .Jeanne aux Tourelles : « Prenez du cœur, disait-elle, ne vous rebutez pas ; entrez, la place est vôtre. » Il y fallut treize heures; il y fallut aussi votre sang virginal, 6 Jeanne ! le sang de votre blessure, et vos larmes de jeune fille, et votre pieux agenouillement dans une vigne cà Técart, et votre prière à .lésus. Mais quand vous vous releviez, votre étendard vainqueur flottait ^ur le rempart : les Tourelles étaient à nous.
Le 8 mai au matin, les Anglais disparaissaient à l'horizon poudreux : • Laissez-les partir », dit Jeanne d'Arc. C'était le commencement de la grande déroute ; et le drapeau de la France, volant de ville en ville, à Jargeau, à Beaugency, à Patay, à Sully, à Auxerre, à Troyes, à Ghâlons.
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à Reims, à Pari.>>. ne s'arrêtera plus qu'il ne soit enfin planté finalement sur le rempart de Calais.
Qui donc avait fait cela ? Demandez-le à Jeanne elle-même : Le matin de la victoire, elle avait fait dresser un autel au hord de la Loire, et célébrer deux messes qu'elle entendit dévotement, et toute l'armée avec elle. Au plus fort du combat, renversée dans le fossé, elle avait demandé si son étendard où est écrit le nom de Jésus, a touché le rempart : Alors entrez, tout est nôtre. » Ce nom di\in était vainqueur. — « 0 Jeanne, lui criait un jour son ecuyer, que faites-vous? vous êtes seule! » Elle montra du geste l'espace vide et le ciel : a Jai cinquante mille soldats ». répondit-elle. Elle voyait les anges et le Roi des anges aux cieux !
Uui donc avait fait cela? Demandez-le à cette cathédrale. Quand, le soir de cette délivrance, le peuple enthousiaste conduisait dans vos rues, à la clarté des torches, comme vous faisiez hier, le cortège triomphal de sa libératrice, celle-ci ne voulut de triomphe que celui du Seigneur. Elle vint faire hommage de cette journée immortelle ici au pied de ce sanctuaire qui la vit à genoux, et uù je suis étonné, attristé, de n'en trouver nulle part le souvenir et l'image ^
Qui donc avait fait cela .^ Demandez-le à la France, demandez-le à la science ; car elle fit, elle
1. Depuis que fut prononcé ce discours, les verrières placées dans les grandes fen»''ties des nefs latérales ont consolé ce reiiret et satisfait ce désir.
ET L\ DELIVRANCE DORLEANS. Xi
aussi, sa réponse authentique. Il n'y avait pas huit jours que vous étiez sauvés, quand, le 14- mai li29, le grand chancelier de FUniversité, revenu de l'exil et relire à Lyon entre Dieu, les petits enfants et ses écrits immortels, apprenait cette délivrance, et de sa main mourante écrivait ces paroles qui furent le testament suprême de son génie : « C'est le Seigneur qui a fait cela, et c'est un miracle qui vient d'éclater à nos yeux^. » Puis Gerson expirait dans cette même année^ heureux et consolé de ce qu'il venait de voir. Sur sa tombe, par son ordre, on ne mit que cette parole : Sitrsum corda! laquelle nous montrait dans le ciel l'espérance suprême.
Mais je n'ai pas tout dit. Après la prophétie, le miracle ; mais après le miracle, le marUjre. Ce suprême témoignage, le témoignage du sang est l'achèvement parfait de la rédemption des peuples comme de celle des âmes. Voulant nous en donner un exemple divin. l'Évêque de Meaux remarque que ■ Jésus-Christ versa son sang avec un regard particulier pour sa nation, et. eu offrant ce grand sacrifice qui devait sauver l'univers, il voulut que l'amour de la patrie y trouvât sa place. »
Jeanne fut une de ces \ictimes offertes pour la patrie, et elle le savait bien : Je ne durerai qu'un an. disait-elle, ou guère plus. >• Et, même au sein