SAINT GRÉGOIRE DE \AZL\-\ZE
Introduction
au cours d'éloquence sacrée à lUniversité catholique.
le 26 janvier 1877.
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Optiraus hic ordo est ut qui vel sermonem, vel rem aliquam auspicatur, a Deo initium ^r.oit. et in Deo coRquiescat.
Gr.EG. Naz., orat. -2% Opp., t. I. p. 11.
Monsieur le Doyen •, Messieurs,
Voici donc qu'aujourd'hui, aux premières heures de la fête de saint Jean Chrysostome, il nous est donné d'inaugurer notre Cours d'éloquence sacrée. Ce cours, vousle savez, n'est qu'une pierre d'attente de la future Faculté de théologie, laquelle bientôt complétera et couronnera l'édifice que rUnivei^ité catholique de Lille s'est proposé d'élever à la gloire de Dieu.
1. M. Amédée de Margorie, doyen perpétuel de la Faculté des Lettres, professeur de philosophie.
il SAIM GREGOIRE DE NAZIANZE.
(."est justice d'ailleurs qu'elle se couronne ainsi, s'jI est vrai, comme personne ne le contestera, que la théologie occupe dans l'ordre des sciences le même rang que Dieu dans l'échelle des êtres: c'est-à-dire le centre et le faite : « Vous aurez admiré, écrit quelque part le cardinal Wisemann^, ces peintures exquises qui ornent, au Vatican, les plafonds de la Chambre de la Signature, et où les sciences sont représentées, avec leurs attributs, tenant séparément leur cour. Chacune d'elles, Jurisprudence, Philosophie, Poésie, assise sur un trùne, dans l'attitude la plus noble, et avec les traits de la plus rare beauté, semble revendiquer pour elle seule les hommages de ceux qui la contemplent. Mais jugez quelle eût été la sublimité de la conception et l'unité vivante de la composition, sile peintre, au lieu d'isoler ces sœ:irs, avait représenté notre divine Relisrion, assise sur un trône suprême, d'où elle recevrait les hommages de chacune, comme il convient à une Reine? » Au lieu d'être lïmage de la science séparée, c'eût été celle de la science hiérarchisée, telle qu'en réalité elle existera parmi nous lorsque la Faculté de théologie viendra royalement présider à tout un ordre d'enseignement dont notre essai d'aujourd'hui n'est qu'une amorce et un commencement.
Mais ce commencement est une préparation. Et si, pour ma part, je ne suis encore qu'une voix isolée, une pauvre voix qui crie presque dans le
1. Wisemann. Rapi>ort cnlre la science et la Religion. - Conclusion.
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désert, j'ai du moins la joie, iMessieurs, de vous faire espérer que je suis un précurseur; et qu'un jour, jour prochain que j'appelle de tous mes vœux, la sacrée Faculté fera entendre ici toutes ses voix, écho du « Verbe de Dieu habitant parmi nous pleiu de grâce et de vérité », comme s'exprime saint Jean.
Le sujet général du cours que j'entreprends, sont. les Pères de VEgliseau IV^ siècle. Ayant à professer l'Éloquence sacrée, je ne pouvais vous en offrir de plus grands maîtres que ceux qui. dans l'ordre du beau, comme dans Tordre du vrai, sont pareillement nos pères. Et, s'il est quelque part une école qui soit spécialement la leur, c'est bien la vôtre, chers Messieurs, dans lesquels je salue ici l'élite de nos deux séminaires de Cambrai et d'Arras, et l'espérance du clergé de notre province ecclésiastique.
Dans ces conditions heureuses, j'aurai douljlement le devoir de chercher au fond de la parole des Pères la doctrine sacrée qui en est l'aliment. L'éloquence y est au service de la croyance, et voilà ce qui, pour nous, fait de leur étude une jouissance si pleine ! Que d'autres demandent seulement à cette littérature supérieure ce que les touristes s'en vont chercher sur les montagnes, la lumière, la fraîcheur, les spectacles immenses. Xous y cherchons, nous, ces hautes forets mystérieuses, sacrées, dont le silence a reçu les voix du ciel, où Dieu s'est choisi une demeure et où il a taillé dans