‹ Saints et saintes de DieuChapitre 19 sur 68 · SAINT GREGOIRE DE NAZ[ANZK · texte numérisé non relu

SAINT GREGOIRE DE NAZ[ANZK

paré; — ah! que je comprends celaî — Il a une sœur, Gorg-onie, il a un frère, Césaire, dont ses pleurs ont rendu le nom impérissable, dans des discours qui célèbrent la douceur de leur entrelien non moins que la beauté de leurs vertus. Entre ses amis disting-ués et chers, lanùpar excellence, Basile de Césarée, traversera toute l'histoire en lui donnant la main, laissant ensemble un type d'amitié chrétienne et sacerdotale devant laquelle pâlissent toutes les fictions antiques. Les pauvres, les lépreux, les abandonnés sont appelés par lui ses frères; et il trouve, pour plaider la cause de leur infortune, de ces paroles qui débordent deTahondance d'un cœur plein de la charité du Christ. Enfin, si vous voulez savoir combien il aime son peuple, vous le reconnaîtrez par exemple à Téloquence de ses adieux ci sa chère église de TAnastasie. Je vous les ferai entendre.

La Vérité est son épouse. Il l'aime par-dessus tous les autres amours; et comme aimer c'est combattre et souffrir pour ce qu'on aime, il se sentira pour la défendre et la venger des impatiences et des véhémences jalouses. Les Ariens n'ont pas connu d'adversaire plus irréductible que cet ascète dont les chants pieux se tournent en cris de brûlante colère. Mais c'est vers Dieu qu'il les pousse, en lui offrant sa propre vie pour une si belb* cause. Il en sera le martyr. - Oui, vous êtes m.on Dieu, o Jésus, mon vrai Dieu! Qu'on me lapide, si Ton veut; inébranlable sous les coups, jusqu'à ce que j'en sois écrasé, je soutiendrai ma foi, 6 sainte

THEOLOGIEN ET POKTE. :>i

Trinité! Le temps n'y fera rien, et lors même que tout croulerait autour de moi, jamais, jamais, mon Dieu ne changera pour moi'. »

Encore une fois, Messieurs, c'est cette àme que je voudrais vous peindre; c'est cette vie que je souhaiterais pouvoir vous raconter; c'est ce maître que je souhaiterais de vous faire entendre. Oserai-je dire? C'est ce modèle que je voudrais ici incidemment offrir à ce jeune auditoire, comme un type lointain, mais parfait, du jeune chrétien, de l'étudiant, de l'ami; puis, bientôt du prêtre, du prêtre qui prie, du prêtre qui écrit, ou du prêtre qui parle et qui combat, du prêtre qui donne et qui se donne, du prêtre qui s'immole, qui souffre, qui meurt. — Je n'ajoute pas le modèle du pontife : il est pour le moins prématuré pour vous d'y penser. — Or pour cela, suivons-le dans chacune des étapes et stations de son existence.

Sa Vie de Famille premièrement, dans cette Ijourgade de Xazianze, au sein de cette Cappadoce montagneuse, où ont caché leur aire ces grands aigles qui s'appelleront Grégoire, Basile de Césarée, Grégoire de Nysse, planant au-dessus d'un siècle c]ui alors les ignore encore. C'est là, sur ce berceau consacré d'avance par la prière, que descendent les célestes et symboliques apparitions que le poète chantera. C'est là qu'aussitôt que l'enfant put comprendre, sa pieuse mère lui prenant

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