‹ Saints et saintes de DieuChapitre 21 sur 68 · SON AME. SA VIE · texte numérisé non relu

SON AME. SA VIE

donne la main à une telle sœur, à un tel frère, prédestinés tous deux, comme lui, à l'auréole; où cetle famille entière règne par l'empire de la sainteté et de la charité dans une bourgade obscure, dont le nom, de préférence à celui de Gonstantinople, s'attachera au nom de Grégoire inséparablement, en souvenir de ses premiers jours qui furent aussi ses meilleurs et ses plus chers.

Sa Vie d' Études : par elle, il se rapprochera de vous, Messieurs les étudiants. C'est à Césarée de Palestine, puis à Alexandrie que nous aborderons avec lui. Mais c'est à Athènes surtout que nous nous arrêterons. Grégoire n'y est pas seul. Vous l'y rencontrerez, désormais et pour toute sa carrière, à côté d'un autre jeune Cappadocien, que vous prendriez pour son frère, tant les deux sont inséparables et semblables. Vous apprendrez à connaître Basile à cùté de Grégoire; et ce vous sera une vision de l'amitié chrétienne.

Vous les rencontrerez invariablement chaque jour sur le chemin qui va de l'École à l'Église, où ils vous convieront à leur assiduité. Que si, dans leur compagnie, celle où vous fréquenterez, il vous arrive de frôler certain étudiant sceptique, à la démarche incertaine, au regard louche et faux, c|ui, lui, s'en va porter son hommage sacrilège et son culte pédantesque à la Pallas-Athénè du Partliénon, ne le suivez pas. Un jour dans l'histoire son nom sera « l'Apostat ». Et entendez déjà les deux amis qui, détournant la tète, s'entredisent du

5i SALM GRÉGOIRE DE NAZIANZE.

jeune César : <( Quel serpent caché, Rome nourrit ici! V

Sa lie de solitude et de prière : c'est à Nazianze encore, après son baptême. Sa vie de néophvte avec ses enthousiasmes et ses ardeurs pour ce Christ dont maintenant il porte le sceau sur son front, et la ressemblance dans ses mœurs. Sa \ie de retraite et de silence au bord de ce petit Liris où il appelle Basile à partager sa vie dans r exercice de la Philosophie, comme on nommait le culte de la vraie sagesse dans la vie monastique.

Vie de silence et de recueillement, prélude et préparation de la parole et de Faction. On a écrit. Messieurs, que « la solitude est la mère des grandes pensées » : j'ajoute la mère des grandes vocations et des grandes destinées. Pas une voix humaine ne s'est fait écouter et suivre qu'elle n'ait commencé par se taire, afin d'écouter Dieu. Tous les Pères et docteurs que je vous ai nommés sont sortis du désert, où ils furent les hommes de la grande prière avant de devenir les hommes de la grande parole, maîtres des autres parce qu'ils l'avaient été premièrement d'eux-mêmes, à l'exemple et dans un secret commerce avec ce Christ dont ils furent ensuite épancher les vertus, de l'abondance d'un cœur tout plein de Lui. Sortis de leurs retraites sacrées et austères, Athanase de la Thébaïde, Jérôme de Bethléem. Augustin de Cassiacum , Ephrem et Chrysostome des vallées de la Syrie. Grégoire et Basile de leur fraternelle campagne de Cappadoce, ils apparaissent aux

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