SON AME. SA VI K
peuples comme des hommes divins; et les peuples, selon la fré {uente expression du Chrysostome, contemplent en eux la face et « comme le frontispice du royaume des cieux ».
Sa Vie de comhat : après la contemplation, l'action; après Tétude, l'œuvre et la profession : le sacerdoce, le ministère, la conduite pastorale d'un tout petit troupeau, et la garde fidèle de cette bergerie de Nazianze de laquelle son vieux père lui avait passé la houlette. Ce n'est plus de chanter ([u'il s'agit, ô saint berger, mais de paitre! Et pourtant il pouvait y avoir encore place pour la poésie dans les années de ce premier épiscopat qui n'a pas d'histoire. Je me représente les évèchés de Nazianze et Aziance comme de modestes campagnes dont le gouvernement devait être aussi tranquille qu'heureux, avec cet évèque poète qui, dans ses vers, donne aux pasteurs le conseil de « se servir plus souvent de la musette que du bâton ». Ainsi sans doute Grégoire faisait-il de ses breliis et agneaux delà vallée cappadocienne. C'était une sainte idylle.
Mais voici que la trompette sacrée se fait entendre à lui. C'est Arius, c'est Valens; c'est Julien l'Apostat qui ont déclaré la guerre au Christ fils de Dieu. Grégoire se lève en armes, à coté de Basile, pour la défense de la frontière du royaume de Dieu, ébranlé par] tout l'Empire. C'est encore la parole, encore l'éloquence, encore la doctrine, mais elles sont devenues en ses mains le glaive qui jette des éclairs. Nous lirons ses Stéleutiques
or, SAINT GKKGOIRE DE NAZ1A>ZE.
OU '( Invectives contre Julien ». Sa poésie n'est plus la lyre d'Alcée ou de Terpandre, c'est la voix de colère des prophètes contre les profanateurs du temple et du nom du vrai Dieu. Celle de Grégoire ne se taira que pour entonner un chant de victoire en l'honneur du " Tialiléen quia vaincu! >)
Grégoire connut les plus hautes dignités : il ne fit que les traverser. On l'avait arraché de son petit Nazi an ze pour le faire monter sur le siège de Constantinople ! Vous entendrez les cris de douleur et d'humbles protestations de cet (f étranger, comme lui-même s'appelle, qui ne connaît que son coin « de terre, qui n'a plus rien pour plaire, exténué qu'il est par l'âge, le jeûne et la maladie; le corps courbé, la tête chenue, le vêtement pauvre, la bourse vide, la parole agreste et rude ». Il lui fallut obéir: » Verbe divin, c'est sous tes auspices que je pars. Envoie-moi un de tes anges qui divise devant moi les flots et arrête à ma voix les torrents I "
C'étaient des flots de douleur et des torrents d'amertume que lui réservait la ville impériale. Il nous faudra bien l'y suivre, Messieurs. Il nous faudra bien comprendre que, quels que fussent son génie et sa sainteté, sa place n'était pas là , dans ce buisson d'épines, où l'intrigue, la calomnie, l'ingratitude, l'envie le trouvaient désarmé et toujours prêt à quitter la cour pour retourner à son désert.
Il dit adieu à Théodose. " Laissez-moi partir; je vous le demande au nom de mes cheveux