Sa Grandeur M- lÉvêque de Poitiers
9» bAIMt: HADE(iOM)E
antiques souvenirs une femme honorée d'une principale participation à la même œuvre sur la terre, comme à la même gloire dans le Ciel.
Cette loi remplit toute Tliistuire. Mais sans sortir de ce VI' siècle où va nous retenir ce discours, le siècle de saint Grégoire le Grand, regardez autour de vous toutes les femmes apostoliques qui furent, sur les trônes de l'Europe, les auxiliaires de cet illustre convertisseur des Barbares. En Italie, c'est Theudelinde mettant au front du Lombard < la couronne de fer » forgée, dit-on, d'un des clous de la croix du Seigneur. En Espagne, c'est Ingonde montrant le chemin du martyre à l'époux qui v;i laisser le royaume visigoth baptisé dans son sang. En Angleterre, voyez Berthe, la pieuse reine de Kent, ouvrant l'Ile des Saints à ces moines missionnaires qui des Angles vont faire des Anges, selon le vœu et l'expression de l'Évêque de Rome. Mais, quel que soit l'éclat de ces noms chez les nations voisines, vous n'avez rien à lenr envier. Poitevins qui m'écoutez, car, si entre ces femmes royales, nulle plus que votre Radegonde ne mérite le nom de Sainte, avec celui de Reine, nulle aussi n'a été plus digne de celui de mère, au sens de la maternité spirituelle dans le (Christ. Et la considérant dans les phases successives de son existence mortelle et immortelle, je ferai voir, s'il plaît • Dieu, que Radegonde a été premièrement Mère de la Patrie sur le frône, secondement Mère de la Patrie dans le cloître. Nous finirons en l'invoquant comme Mère de la Palrio dans le Ciel.
MERE DE LA PAIRIE. \)à
MoDseigneur, j'avais contracté une dette envers Votre Grandeur, et envers votre vénérable Chapitre cathédral, qui m'a appelé à Thonneur d'entrer dans son sénat et de partager sa pourpre^. J'étais redevable envers toute l'Église de Poitiers pour l'éditication et le charme «pe ma apportés, durant cinq années entières, l'étude d'une des plus glorieuses phases de son histoire-. Que de fois, pendant ces jours, je me suis cru un des vôtres, tant je vivais parmi vous! Mais le digne Pasteur de cette paroisse m'a gracieusement écrit que vainement je prétendrais au titre de Poitevin, si je n'étais venu d'abord apporter le tribut de mon hommage à la Reine de ce lieu. Qu'elle l'agrée en ce jour ! La dignité qui m'est conférée par votre bienfait me paraîtra plus précieuse encore, lorsque je pourrai penser que l'investiture m'en est conférée par ses gracieuses et royales mains.
Mes Frères, on peut procurer ici-bas le règne de Dieu de deux manières. On le peut par la victoire, et en convertissant : c'est ce que venait de faire Clotilde. On le peut parla souffrance, et en se sacritiant : c'est ce que devait faire Radegonde. Glotildo avait été une grande princesse, fille, épouse, mère et aïeule de rois ; Radegonde devait présenter l'image d'une grande victime. Or c'est d'abord par