‹ Saints et saintes de DieuChapitre 38 sur 68 · LE MARTYRE : SA COMSOMMATION · texte numérisé non relu

LE MARTYRE : SA COMSOMMATION

plice; et ce fut seulement à La troisième reprise cju'on l'acheva enfin et que son àme s'envola vers Celui qu'elle avait aimé. L'amour avait été fort comme la mort.

Lorsque Jésus mourut en croix, sa Mère était près de lui : Sfabat Mater. Pendant que Jean-Gabriel agonisait en Chine, il y avait en France une mère chrétienne qui. elle aussi, se tenait debout et ferme sous cette immense douleur. A celui qui lui vint apprendre cette fin héroïque, elle fit cette grande réponse : « Je sais combien mon fils désira le martyre. Je l'aime trop pour ne pas m'en réjouir pour lui. Une seule chose eût été capable de me faire de la peine, c'eût été d'apprendre qu'il s'était laissé vaincre par les souffrances. J'offre donc mon fils à Dieu comme la Sainte Vierge a sacrifié le sien. »

Maintenant D[t:u Ta couronné. Il Ta couronné de gloire sur la terre comme au Ciel; et voici que s'achèvent parmi nous ces fêtes qui ont porté son culte et suscité son éloge dans tous les lieux qu'évangélisent les fils et les filles de saint Vincent. Uu elles ne se terminent pas sans que fleurisse et fructifie pour nous cet arbre du martyre, arrosé d'un sang rédempteur. Approchez- vous, venez I... Après Toblation et la consommation du sacrifice sanglant, ce sera la communion, communion à ses mérites, à ses exemples, cà ses bénédictions.

Vous y participerez les première et les premières, ô vous ses frères et ses sœurs en saint

Vincent de Paul, et vous puisert^z à ses pieds une nouvelle ardeur à servir la vérité et la charité de Jksus-Christ dans votre double ministère d'enseignement et de bonnes «l'uvres.

Vous y participerez, ô vous, terre lointaine où le sang de ce martyre va devenir, je l'espère, une semence de chrétiens. C'est à ce prix que nous, catholiques, nous achetons nos conquêtes. Et n'at-on pas vu de nos jours, près de là, ces lies du Japon dont le sol lui aussi, jadis, avait porté tant de croix, ouvrir entin ses portes au Christ, qui hier v réunissait ses pontifes en concile pour leur donner des lois .'

Et nous aussi, chrétiens, est-ce que nous ne cueillerons pas cà cet arbre des fruits de sanctification ? Ah ! sans doute, je ne vous appelle pas au combat du martyre, mais n'avons- nous pas à faire profession de notre foi devant d'autres que devant les bourreaux? C'est plus que jamais l'heure, mes Fr«res, de méditer l'exemple de ces héros, car entre les étonnantes pusillanimités des bons et l'audace croissante des méchants, les martyrs sont précisément ce qui nous manque le plus. Qu'il en surgisse parmi nous qui sachent tenir tête aux puissances mauvaises, aux puissances d'en haut et aux puissances d'en bas, et se montrent « sans espoir ni peur », selon la devise de nos pères. Qu'il se lève des chrétiens résolus qui sachent dire eux aussi : ^< J'y mettrai ma tête, s'il le faut », et soient prêts à faire ce qu'ils disent. Qu'il se lève de vrais chrétiens, non des demi-chrétiens, mai^

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des chrétiens tout d'une pièce, qui ne fassent pas flotter la vérité de l'Évangile à tout vent de doctrine.

Alors le mal et Terreui' seront bien forcés de capituler devant des cœurs si fermes; alor> seulement le rèsne des compromis sera passé, celui des principes commencera. Alors la vérité aura son témoignage, riiooneur chrétien sa dignité, les âmes leur virilité, F Église sa liberté. Alors véritablement nous serons les fils des martyrs, leurs compagnons d'armes ici-bas, et plus tard leurs compagnons de gloire et de bonheui dans le Ciel. Ainsi soit-il.

LA JELNESSfc: CATHOLIQL't:

SAINT LOUIS DE (lONZAGLE

Panégyrique prononcé dans l'église Saint-Maurice de Lille, en la célébration du 3 centenaire de la mort de saint Louis de Gonzague, 21 juin 1891. en l'Assemblée générale de la Jeunesse Catholique du Nord.

Messieurs et chers Fils,

11 y a donc aujourd'hui trois siècles que, le •21 juin 1591, une jeune àme de saint recevait la couronne. C'était dans la ville de Rome, qui avait vu le triomphe de tant de victorieux. Celui-là n'était pas monté au Capitole pour y recevoir le laurier, ni le laurier des combats comme les Scipions et les Marc Antoine Colonna, ni le laurier de la poésie comme le Tasse et Pétrarque. Mais il était de ceux dont l'Écriture a dit : c Qu'elle est belle la génération des chastes I Sa mémoire ne périra pas; elle porte à tout jamais une couronne triomphale, et ce sont des combats sans tache que ceux dont elle remporte le prix ! • Lui. qui pourtant était un prince de la terre, s'était dit comme son père Ignace : « Que la terre est misérable quand on re-

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