SAINT LOLIS DE GONZAGUE
garde le ciel î Et quand il remonta au ciel, emporté dans son innocence et par sa charité, la terre s'émut autour de lui. Rome apporta à pleines mains des lys à sa tombe : l'Italie le salua du nom d'Ange de la patrie; l'Église ne tarda pas ii lui élever des autels. Il en a aujourd iiui dans tous les lieux du monde: il en a surtout dans les cœurs de toute cette Jeunesse Catholi([ue à laquelle le souverain pontife Ta donné pour patron et pour modèle; mais nulle part, j'estime, comme sur cette terre du Nord, et dans cettf ïv\e qui est la vôtre. Messieurs, comme la sienne.
Anssi bien, ce quïl fut. il faut que vous Je soyez vous-mêmes. Et si aous ne pouvez pas l'être dans les mêmes conditions de vocation et de pr<»fession religieuse, il faut que vous le soyez par la haute profession de votre christianisme. L 'Église, dans sa liturgie, appelle Louis de (ionzague ur» ange. Il fut un ange de pK/vtc : il nous faut une jeunesse chaste et continente comme lui. Il fut un ange de piété : il nous faut une jeunesse pieuse et fervente comme lui. Il fut un ange de chante : il nous faut une jeunesse vaillante et généreuse comme lui.
Vous savez. Messieurs, en quel temps, en quel lieu se placent l'enfance et la jeunesse de saint Louis de Gonzague. (Vest au xvi' siècle, le siècle de la Renaissance païenne et de la réforme protes-
LA JEUNESSE CATHOLIQL'E.
tante: c'est-à-dire le siècle de toutes les émancipations, celle des lettres et des arts, mais aussi celle de la foi et des mœurs, hélas î C'est de plus en Italie, au château de Castiglione, dans cette riante Lomhardie, au sud de ce ])eau lac de Garde, et dans ce duché de iMantoue, que les Italiens appellent o un sourire de la nature ». La société qui Thabitait. ou le fréquentait, était faite d'opulents seigneurs, menant grand train, faisant grande chère, jouant gros jeu, se donnant de belles fêtes, donnant de grands coups d'épée et partageant sa vie entre le luxe des cours et la licence des camps. 0 Dieu ! qui envoyâtes autrefois vos anges •) Sodome, où avez-vous donc égaré ce jeune ance terrestre?
Mais non: telle n'était pas cette principauté de -Mantoue où la mondanité sans doute tenait sa cour, mais où aussi la piété gardait sa place de reine, au premier rang des habitudes et de rhoimeur. Passons; et laissons seulement entrevoir ce qu'un jeune gentilhomme bien fait, riche, spirituel, généreux, brillant, l'aîné d'une famille princière, dut avoir à lutter là contre toutes les séductions et tous les entraînements d'une aristocratie élégante et raffinée où il faisait si noble et si belle ligure:
Ah: Messieurs, quand aux temps bibliques les trois jeunes hébreux de la cour de Babylone furent jetés dans la fournaise, il est écrit que le Dieu quïls servaient leur envoya, pour les en délivrer et sauver, un ange. Qui va-t-il envoyer aujourd'hui pour le salut de l'âme de son jeune serviteur.