‹ Saints et saintes de DieuChapitre 58 sur 68 · LE MARTVRE DL' SANG · texte numérisé non relu

LE MARTVRE DL' SANG

Compassion! Et pourquoi? » reprend le misérable; et désig-nant aux soldats son vieux maitre d'autrefois : « Voici, dit-il, celui que vous cherchez, c'est lui ! » M. (Aet est saisi, garrotté, entraîné. C'était une réédition de la première scène de la Passion de Jésus.

S'il est au monde un peuple qui soit passé maître dans l'art de faire soufirir, c'est assurément le peuple chinois; s'il est un homme, leur captif, dont ils aient à plaisir prolongé l'agonie, c'est bien notre Bienheureux. Mais en retour, s'il est un homme qui se soit montré plus grand que les supplices et la mort, et dont la magnanimité console et rachète l'humanité de l'horreur qu'inspire la longue cruauté des bourreaux, c'est bien le saint martyr dont vos mains. Messieurs, ont couronné l'image de palmes et d'étoiles.

Contemplez-le d'abord dans sa captivité. Voyezvous, mes chers Frères, ce \ieillard infirme, débilité, qu'on traîne de poste en poste, nous dirions chez nous, de brigade en brigade, enchaîné, la cangue au cou, ou porté dans une cage de bois, sous l'escorte brutale ou immonde des soldats. C'est d'abord soixante lieues, puis cent quarante lieues qu'il lui faudra ainsi parcourir, par étapes: passant, un mois durant, de prison en prison. Il en connut vingt-sept, si bien que, dans les derniers temps de sa captivité, il pouvait pertinemment écrire tout un traité sur le régime pénitenticiire des Chinois, et l'envoyer en France pour notre instruction. C'était devenu sa spécialité : « J'en puis parler de

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