SAINTE PLIMA, VIERGE MARTYRE
tomber de vos mains à ses pieds de vierge et de martyre. Elle y répondra par des grâces qui raviveront votre foi et dont le torrent réjouira cette cité de Dieu. N'était-ce pas ainsi, qu'il y a soixante ans passés, nous avons vu le culte de la vierge Philomène, une martyre ignorée, inconnue comme la nôtre, mais révélée à l'Église entière par les prodigieux bienfaits dus à son intercession, faire passer un souille embaumé et vivifiant dans des myriades d'àmes où se dressait son autel?
De plus, avec les grâces, Plinia vient nous apporter ses leçons. Plinia, c'est la jeunesse : T7gtnti annonim. Ces leçons, c'est donc la jeunesse particulièrement que je convie à les venir chercher auprès de cette sœur de leur âge, la leçon de la pureté, la leçon de la foi et de la fidélité, la leçon de la force et de l'intrépidité, dont, par l'exemple de sa vie et par celui de sa mort, elle fut et elle demeure l'éloquente maîtresse. Et cette triple leçon comme elle vient bien à son heure 1 Comme il paraît bien qu'elle nous est envoyée opportunément, cette vierge, cette chrétienne, cette martyre, pour élever l'image de son innocence, de sa foi et de son héroïsme au-dessus de nos dépravations, de nos apostasies et de nos découragements!
La pureté : elle était vierge. En scellant la tombe qui renfermait sadépouille sacrée, l'Église a gravé d'une lettre sa qualité authentique de sainte. Et c'est une jeunesse sainte, c'est une jeunesse pure qu'il nous faut. Ah! cette pureté virginale,
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ce n'est pas à l'école de ce siècle qu'elle l'apprendra, ni dans les livres de ce siècle, ni dans le théâtre de ce siècle, ni dans les carrefours, les rues, les places publiques de nos villes de ce siècle. Il est d'autant plus salutaire, opportun, qu'il y ait quelque part un autel, un sanctuaire, un refuge, où l'innocence et le repentir trouvent un bain de pureté pour les purifier, trouvent un frein de pureté pour les retenir, trouvent un pain de pureté pour les nourrir, pour les transsubstantier, à l'autel d'une Mère de pureté, ô iMarie immaculée; près de la tombe d'une sœur de pureté, ô sainte Plinia, vierge et martyre !
La leçon de la foi : Plinia Fa confessée devant les tribunaux de son temps. Or la foi de la jeunesse : tel est encore aujourd'hui l'enjeu de la grande bataille où se trouve engagé, dans une effroyable crise, l'avenir de l'Église de France. Eh bien ! ici repose une sainte qui un jour, citée à la barre du Proconsul, pour y répondre de sa foi, ne répondit que ces trois mots : « Je suis chrétienne'.... /) De même il faut qu'aujourd'hui, comme àl'époque païenne, la jeunesse réponde à l'impiété : « Je suis chrétienne » ; que la famille réponde aux maîtres de ses fils et de ses filles : « Je suis chrétienne » ; que la France réponde aux pouvoirs publics : « Je suis chrétienne ». De cette protestation de votre cantique populaire, l'antienne vous en sera donnée, de cet autel, par la voix de la jeune croyante qui l'a entonné la première au péril de sa vie : <( Je suis chrétienne!... »
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Enfin, mes Frères^ dans cette chasse, sur les débris sanglants de celte fiole trouvée dans sa tombe, vous lirez la leçon de la force. Et par là je n'entends pas seulement la force pour parler, ni même la force pour agir, j'entends la force pour combattre et souffrir.
Vous le dirai-je? Parfois, de nos jours, en voyant la désespéiante stérilité de nos paroles, de nos écrits, de nos combats, il m'a semblé entendre, comme un reproche, la fière et ironique parole de saint Paul : « Est-ce que vous avez encore résisté jusqu'au sang? » Mais non, point de reproche. Est-ce qu'on n*a pas vu, de nos jours, ce que sont capables d'affronter, de souffrir, des femmes, des mères, des pères, pour la défense de la religion de leurs enfants? Ah ! Dieu nous garde d'être ramenés à de telles extrémités ou à de pareilles douleurs. Mais elles seraient fécondes. C'est en tout temps que le sang des martyrs est une semence de chrétiens.
Mes Frères, cette semence est aujourd'hui tombée ici, dans votre bonne terre. Elle fut arrosée de sang. Qu'elle produise cent pour un, et qu'elle porte parmi vous une moisson de chrétiens déterminés, prêts à tout; des épis mûrs et pleins, qu'un jour le Père de famille trouve dignes d'être recueillis par ses anges, dans les greniers éternels. Ainsi soit-il !
L'IiTLOIANT CHIŒTIKN
SAiM fi{am;ois de sales,