‹ Salariat et SalairesChapitre 17 sur 111 · PRODUCTION · texte numérisé non relu

PRODUCTION

r Matière V première .

Capital. / Outillage / et frais gé- ' néraux. .

Salaire de l'ouvrier.

Profit du patron. .

3o SALARIAT ET SALAIRES

à la mécanique fait 5o pièces au tarif de 5 francs par pièce qui lui valent 260 francs à la fin des trois mois. Supposons que le premier ouvrier eût réclamé 3o francs d'augmentation par trimestre ; l'entrepreneur n'aurait pas pu les lui accorder, parce que chaque pièce se trouvant grevée de 3 francs, la clientèle se serait sans doute détournée. Au contraire, 00 francs d'augmentation répartis sur une production de 5o pièces n'augmenteraient le prix de vente de la pièce que de o fr. 60 : ce que la clientèle pourrait peut-être supporter. Le prix total (profit compris) de la pièce produite mécaniquement étant abaissé de 22 francs à 18, si l'augmentation de o fr. 60 demandée par le tisserand était accordée (laquelle s'ajouterait aux i5o francs que lui procure la transformation (i5o -|- 3o = 180), la pièce se présenterait sur le marché au prix encore modique de 18 fr. 60. Dans un pareil cas, que les perfectionnements de l'industrie rendent de nos jours très fréquent, toutes les parties intéressées dans l'affaire y gagnent, l'entrepreneur, les salariés, le public consommateur *. C'est l'opposé de la désolante théorie de Ricardo à laquelle les faits depuis un siècle donnent des démentis.

1. M. Selmlze-Gavernitz a cité comme un exemple réel de cet effet de la productivité sur le taux du salaire les filatures de l'Angleterre.

Coût de la

Nombre de livres de main-d'œuvre Salaire annuel de

coton transformé (en pence) par livre l'ouvrier

par l'ouvrier. de coton transformé, (en livres sterling).

CAUSES DÉTERMINANTES DU TAUX DES SALAIRES 3l

Ajoutons que les ouvriers ont, ainsi que le patron, intérêt, comme producteurs, à la diminution du prix de revient, laquelle, augmentant la demande des consommateurs, a pour conséquence une production plus intense, et qu'ils peuvent contribuer à celte diminution en évitant les perles de temps, le gaspillage de la matière et les malfaçons. C'est un des arguments en faveur de la participation aux bénéfices. Ils y ont intérêt en outre, comme consomma leurs, s'ils sont au nombre des consommateurs de cette marchandise.

La seule industrie dont en France on connaisse chaque année parune publication officielle le nombrcdes ouvriers; leur salaire moyen journalier- et leur gain annuel, la production et le prix de vente, est celle des mines de houille. C'est cette industrie que M. Simian a choisie pour démontrer par une analyse détaillée des chiffres ' la relation étroite qui existe, en hausse ou en baisse, en Ire le prix de vente du combustible sur le carreau des mines, le coût de la main-d'œuvre par tonne extraite et le salaire moyen par jour des ouvriers, bien que les variations de ce troisième terme soient moins amples que celles des deux premiers : ce qui, en somme, est une confirmation du rapport du salaire avec la productivité du travail. La productivité se place donc en tête de toutes les causes déterminantes du salaire.

Elle n'explique pourtant pas tous les cas. .Ainsi les (jacjes des domestiques de l'un et de l'autre sexe attachés au service personnel ont augmenté autant et peutêtre plus que les salaires dans la plupart des métiers ; en France particulièrement ils ont, dans- la plupart des

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