‹ Salariat et SalairesChapitre 26 sur 111 · APERÇUS SUR LE SALARIAT DES TEMPS PASSES · texte numérisé non relu

APERÇUS SUR LE SALARIAT DES TEMPS PASSES

Le salariat a toujours existé dans les sociétés pour peu qu'elles eussent un commencement de civilisation ; on en trouve des exemples dans V Iliade et dans YOdyssêe*. C'est un genre de contrat qui est aussi naturel que le contrat de vente d'une marchandise. On le voit plus ou moins usité dans des sociétés dont l'esclavage était le régime dominant du travail manuel et dans des sociétés où le servage était le mode le plus ordinaire du travail rural, comme on le trouve généralisé dans les sociétés libres. C'est par un jeu d'esprit, en forçant les faits ou en ignorant l'histoire, que des écrivains ont soutenu que le travail a été soumis à trois régimes distincts et successifs, esclavage, servage, salariat, auxquels succédera, suivant eux, un quatrième régime affranchi de la dépendance du salarié. En réalité, toutes les sociétés n'ont pas passé par ces trois phases et dans plusieurs sociétés il y a eu la coexistence du salariat avec prédominance de l'esclavage ou du servage.

i. Voir P. Guiraud, La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne Grèce.

y4 SALARIAT ET SALAIRES

Il y avait beaucoup d'esclaves en Grèce ; il y avait aussi des ouvriers libres. On distinguait le salaire à la tâche et le salaire à la journée, m Au ve siècle, dit M. Guiraud, le taux normal du salaire à la journée paraît avoir été d'une drachme. » Au vi8 siècle, le prix des vivres ayant doublé, le salaire doubla. Aristophane dit que le salaire du portefaix était de 3 oboles, celui du charpentier de 5, celui du scieur de pierre de 6. Parfois le salaire était payé en nature. On peut conjecturer, d'après quelques textes, que le travail servile coûtait moins, mais il rendait sans doute moins aussi.

Sousla République romaine, Gaton l'Ancien se demandait s'il était plus avantageux au cultivateur d'employer des salariés ou des esclaves pour le travail de la terre. Varron dit qu'on employait des travailleurs libres de préférence aux esclaves dans les cantons malsains et pour des travaux pénibles, tels que le labour et la fenaison ; ce qui n'indique pas une grande estime des ouvriers libres. Le travail de l'esclave, d'ailleurs, pouvait être loué ; il y avait des maîtres qui, comme Crassus, en faisaient un objet de spéculation ; dans ce cas l'esclave avait l'apparence d'un salarié *, sans l'être réellement.

Au dernier siècle avant l'ère chrétienne, on trouve un salaire de manouvrier de 12 as (soit un poids d'argent de o fr. 60) ; plus tard saint Matthieu mentionne un salaire de 1 denier, soit o fr. 83 en poids d'argent.

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