APERÇUS SLK LE SALARIAT DES TEMPS PASSÉS
journée chez les particuliers à 12 deniers et, quand ils étaient nourris, à 6 deniers, celui des chambrières à 3o sous par an, et en général celui des salariés à un tiers au plus en sus de ce qu'il était avant la mortalité. Les maîtres qui enchériraient les uns sur les autres pour attirer les ouvriers devaient être à l'amende. Le travail à façon et les marchandises étaient tarifés : par exemple, 2 sous 4 deniers la paire de souliers d'hommes, 3 deniers l'aune pour la tonte des gros draps.
En Angleterre la même cause amena les mêmes effets : ordonnances (i34<), i35o) pour réprimer the insolence of ihe servants et pour punir de la prison quiconque demanderait un salaire plus élevé que celui qu'on avait coutume de donner depuis vingt ans ' . En Italie aussi le salaire haussa et on se plaignit des ouvriers.
En i354 fut promulguée en France une autre ordonnance qui paraît aujourd'hui plus étrange encore. Elle prescrit « à tous marchands, laboureurs, ouvriers, serviteurs, de ramener et mettre leurs denrées, marchandises et ouvrages à des prix convenables et suffisants selon la valeur et la forte monnaie » (le roi venait de changer la taille au marc de la livre tournois), et elle ajoute que dans toutes les villes les personnes saines de corps, qu'elles aient des métiers ou non, sont obligées de travailler pour gagner leur vie ; en cas de contravention elles seront tenues de sortir dans les trois jours ; si elles y manquent, « elles seront mises en prison pendant trois jours où elles seront nourries au pain et à l'eau ; si elles persistent, elles seront marquées au front d'un fer chaud 3. »