‹ Salariat et SalairesChapitre 31 sur 111 · APERÇUS SUR LE SALARIAT DES TEMPS PASSES IOI · texte numérisé non relu

APERÇUS SUR LE SALARIAT DES TEMPS PASSES IOI

néral (29 septembre 1798), donnant pour motif que lorsqu'une conspiration générale rompt la balance naturelle du commerce, « le salut du peuple devient la loi suprême ». En vertu de cette loi, des tableaux furent dressés dans tous les départements, qui fixèrent les prix des marchandises (89 espèces de marchandises) à un tiers au-dessus de ceux de 1790 et le taux des salaires au double. Malgré l'avantage fait par cette loi aux ouvriers, ce fut le petit peuple qui probablement souffrit le plus. Il y eut des marchands qui vendirent au prix du maximum, mais en donnant des marchandises frelatées qui ne valaient pas ce prix. Quelques-uns, comme les boulangers et les bouchers, durent, sous la surveillance de la police, en partie, au moins dans Paris et dans nombre de villes, subir la loi. Les autres vendirent au prix ordinaire en espèces monnayées et à un prix en assignats de plus en plus fort à mesure que les assignats se dépréciaient, quoiqu'une loi du 10 mai 179/1 punît de mort quiconque refusait les assignats et vendait ou achetait à un prix supérieur au maximum. La famine régna ; à Paris il fallut rationner la population, presque partout procéder à des réquisitions.

Le maximum fut aboli à la fin de l'année 179/i. Mais le mal dura ; il s'aggrava même jusqu'à la suppression du papier-monnaie (assignats et mandats territoriaux) sous le Directoire. Quand le boisseau de haricots, qu'on payait l\ livres en 1790, se vendait 220 livres en assignats (en 1795), le boisseau de pommes de terre 126 livres, le boisseau de charbon 16 livres au lieu de 7 sous, fa livre de chandelle [\i livres au lieu de 18 sous, puis même jusqu'à 200 livres à la fin de Tannée 1796, la

livre de beurre 3o livres au lieu de 18 sous, puis jusqu'à 56o livres en 1796. la livre de viande 97 francs à Paris (4 mars 1796), le mouton i^o livres, et tout le reste à l'avenant, à quoi servait un salaire officiellement doublé, décuplé même parfois? « Toutes les denrées sont à un prix si haut, lit-on dans un rapport de police du 3 novembre 179^, qu'il est impossible à l'homme infortuné d'en approcher. »

Sous le second Empire, à l'époque où l'affluence de l'or faisait hausser tous les prix, les salaires ont monté mais moins rapidement que le prix des denrées. Il est vrai qu'alors les ouvriers bénéficièrent de l'activité croissante des affaires *.

Dans les exemples que nous venons de citer, la loi est intervenue, non pour élever le salaire, mais pour l'empêcher de s'élever. C'est le contraire de nos jours. Même sous la Convention, malgré la clause du doublement du salaire, c'est une barrière à l'élévation du salaire que posait le maximum. Déjà, sous la Constituante, la municipalité de Paris avait interdit des coalitions d'ouvriers du bâtiment réclamai! tune augmentation ; le trouble qu'elles occasionnèrent dans Paris fut même la cause déterminante de la loi du 1^-17 juin 1791 qui défendit aux ouvriers et compagnons de former des associations corporatives.

Les salaires du moyen âge ne peuvent être compris qu'autantqu'on connaît la valeur des monnaies du temps.

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