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VARIATIONS DU SALAIRE AUX \I\° ET XX.* SIÈCLES

mais depuis 1896 il y a eu de nouveau augmentation.

Salaires des ouvriers non nourris et gages des domestiques agricoles '.

Ouvriers : hiver. . la journée 1,85 2,22 2,o4

— été. . . — 1,42 2,77 3,n 2,g4

Maîtres valets. . . . l'année 36 1 465 4q3

Laboureurs et charretiers. . . 256 324 36o

Un concours de l'Académie des sciences morales et politiques, en 1908, a l'ait connaître l'accroissement depuis soixante ans du salaire agricole dans dix-sept régions de la France. En additionnant, d'une part, tous les gages à l'année des domestiques de ferme, hommes et femmes, et les salaires à la journée qui sont comparables il y a une soixantaine d'années et aujourd'hui dans ces mémoires, puis en calculant leur rapport p. 100 aux deux époques, on obtientunrésultatqui,sans avoir la prétention d'être la moyenne de la France, fournit un indice d'augmentation. Ce résultat est pour le salaire journalier un doublement et pour les gages annuels un peu plus qu'un doublement 2. Il est vrai que

nomes. Voir la Grève, les Salaires et le Contrat de travail, par M. Zolla, p. 75 et 77.

1. M. Zolla a recueilli quelques données dans les fermes dont les comptes étaient régulièrement tenus. Près de Pithiviers, le premier charretier, 4oo francs en i856-i86i, 750 fr. en 1881-1891 ; le quatrième charretier, i3o fr. et 200 fr. ; la première" servante, 25o fr. et 4oo fr., sans changement depuis 1881. Autres exemples : près de Château-Thierry, le premier charretier, 5oo fr. en 1874, 600 fr. en 1882, 660 fr. en 1892; dans les Ardennes, l'ouvrier agricole non nourri 2 fr. en i85o, 3 fr. 5o en 1 855, 3 fr. 60 en 1895 ; à Flancourt (Somme) le domestique de ferme, 210 fr. en i845, 5oo fr. en 1889.

2 . Voir le rapport sur le concours Léon Faucher de 1 908 par M. Levasseur.

ces dites régions sont au nombre de celles où la culture et l'élevage sont en progrès.

On peut remonter par delà i85o au moyen dé quelques statistiques particulières. ParexempleM. Risler a indiqué comme salaire de l'ouvrier non nourri dans l'Aisne 2 francs de 18/40 à 1860 et 3 fr. 5o de 1870 à 188/4. M. Biaise des Vosges a donné dans le Bas-Vendômois i'fr. 5o à 1 fr. 75 pour les journaliers en iS36 et 2 fr. 5o à 3 francs en 1878. M. E. Chevalier a constaté dans une ferme de l'Oise prise comme type 220 fr. par an pour un premier charretier, 96 francs pour un homme de cour, 1 franc pour un journalier en i834, et pour les mêmes fonctions 600 francs, 4oo francs,

2 fr. 5o en i884 4.

La hausse des salaires ruraux est due en partie à l'accroissement de la richesse agricole, en partie à l'émigration vers les villes qui a raréfié les bras et agi comme concurrence. Elle a exercé une influence sur l'adoption des machines par les cultivateurs en même temps que leur emploi, laissant des journaliers sans travail, a contribué à l'émigration.

La statistique des salaires industriels est plus riche.

Parmi les professions sur lesquelles on possède les renseignements les plus précis depuis le commencement du xixe siècle sont celles du bâtiment à Paris. En expri-

1. Pour le détail de ces salaires voir le rapport de M. Levasseur sur le concours pour le prix Léon Faucher de 1908, Comptes rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et potitiques, 1908.

VARIATIONS DU SALAIRE AUX XIXe ET XXP SIÈCLES

niant par ioo la moyenne de leurs salaires en 1806, date initiale, on trouve les rapports suivants': 100 en 1806, i48 en i852, 188 en i852, ig3 en i873, 202 en 1880, 271 en 1900. Ces salaires sont donc pour le moins une fois et demie plus forts en 1 900 qu'au début du siècle. Les maçons, par exemple, gagnaient en douze heures 3 fr. 90 en 1806 ; en 1900-1905, iJs gagnent en dix heures 8 francs. Le taux diffère d'une spécialité à l'autre ; par exemple, en 1906, on trouve 1 fr. i4 l'heure pour les ravaleurs, o fr. 80 pour les menuisiers et les maçons, o fr. 60 pour les terrassiers, o IV. 5o pour les garçons maçons. Il différait à peu près dans les mêmes proportions en 1806.

Le salaire par heure des ouvriers du bâtiment à Paris (en francs).

Professions.

Maçons

Tailleurs de pierre .

Ravaleurs

Couvreurs

Charpentiers ....

Menuisiers

Forgerons petite forge).

Terrassiers

Garçons maçons.

Garçons couvreurs .

Hommes de peine (en serrurerie) . ' .

Les mines de houille fournissent annuellement une statistique du salaire moyen journalier de leurs ouvriers : en 184 4 (commencement de cette statistique) 2 fr. 09,

en 1872 3 fr. 35, en i()o5 4 fr. 53 4. Le gain annuel moyen s'est élevé à 53i francs en i85o, à 17/i francs en 1870, à 1161 en 1895 et à i3o9 en 1906. La production totale des combustibles dans les mines de houille a augmenté parallèlement au nombre des ouvriers jusque vers 1877, et plus rapidement que ce nombre depuis celte date, probablement à cause du perfectionnement de l'outillage. Par suite, le salaire moyen journalier des ouvriers n'a pas eu une progression aussi rapide que la production, surtout depuis 1875, mais il a subi moins de variations d'une année à l'autre que le total de la production 2.

Le ministère du commerce a publié en i853 et de 1871 à 1887 les salaires dans les chefs-lieux de département d'après les renseignements des maires, renseignements simplement approximatifs. Le salaire moyen a été trouvé de 3 fr. 82 à Paris et de 2 fr. o4 dans les autres chefs-lieux en i853, de 4 fr. 61 et 2 fr. 70 en 1875, de 5 fr. 34 et 3 fr. 17 en 1887 : d'où, depuis le début, une augmentation de 66 p. 100 en province et de 57 p. 100 à Paris 3.

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