FABRIQUES DE SUCRE RAFFINERIES
hommes femmes enfants hommes femmes enfants
i882-i883. . . 49.3Go 8 293 7.5i5 7.875 2O7 359
1892-1893 . . hi. 550 3.845 2.9G1 7.918 i83 263
faut pas non plus, avons-nous déjà dit, chercher la mesure de l'augmentation de leurs gages dans leur productivité, bien que la capacité personnelle de travail et les qualités morales influent sur le taux de la rémunération ; caria moyenne générale a augmenté partout en France et dans d'autres pays, quelles que fussent ces qualités. Pourtant la productivité moyenne d'un domestique n'est certainement pas devenue plus grande ; les maîtresses de maison ne sont pas mieux servies qu'autrefois*, et, si elles trouvent maintenant dans leur ménage plus de commodités, c'est à des perfectionnements tels que le gaz, l'eau, l'électricité à domicile, qu'elles le doivent. Ces perfectionnements ont même allégé la besogne des domestiques.
Néanmoins l'augmentation a été grande. La statistique nous renseigne moins sur les gages des domestiques que sur le salaire des ouvriers. M. Bienaymé, qui a étudié la question à Paris, exprime ainsi l'augmentation : « Pour une bonne à tout faire suftisamment capable, c'est au moins à i83o qu'on peut faire remonter les 20 francs alloués à l'emploi par mois. Ensuite, vers i845, se trouvent les 25 francs, qui se changent en 3o francs vers 1867 et en 35 après la guerre. En 1875, les 4o francs sont atteints. » Ils sont dépassés et l'on peut prendre aujourd'hui 45 francs comme un taux ordinaire, sans compter les profits accessoires. Une cuisinière experte dans le métier demande jusqu'à 80 francs et quelquefois plus. Pour la femme de chambre, 5o francs sont un taux modeste; les taux de 60 et 70 francs ne sont pas rares. Le domestique mâle, qui vers iSl\o gagnait à peine une cinquantaine de francs, gagne maintenant 60, 70 francs et plus :
VARIATIONS DU SALAIRE AUX XIX ET XXe SIECLES I2Q
les gages du valet de chambre peuvent être évalués eu moyenne à 90 francs.
Nous avons déjà fait observer que ces augmentations, dont la proportion n'est pas moindre que celle des salaires ouvriers les plus avantagés, s'est produite sans syndicat ni grève, par l'effet de l'accroissement de la demande.
Des chiffres que nous venons de mettre sous les yeux du lecteur et qu'il serait facile de multiplier i il ressort avec évidence que le salaire nominal a beaucoup augmenté depuis le commencement du xixe siècle en France.
Tous les salaires ont participé à cette augmentation, mais en proportion inégale suivant les cas. Les petits — nous ne disons pas les salaires infimes aux pièces — ne sont pas ceux qui ont le moins bénéficié de la hausse.
I. Voir pour plus de détails V Histoire des classes ouvrières et de l'industrie en France avant 1789 et de 1789 à 1870, passim, et Questions ouvrières et industrielles sous la troisième République, chap. x, Les salaires et le coût de la vie.