‹ Salariat et SalairesChapitre 41 sur 111 · E SALAIRE DES FEMMES · texte numérisé non relu

E SALAIRE DES FEMMES

Le salaire des femmes a toujours été très inférieur à celui des hommes. Il l'était dans les siècles passés comme aujourd'hui. On explique cette différence par plusieurs raisons : la femme a moins de force musculaire et produit moins que l'homme dans les métiers qui exigent la force; la femme a besoin de moins de nourriture que l'homme (?) et sait mieux conduire économiquement un ménage ; elle n'a qu'un nombre restreint de professions qui lui soient ouvertes, et par suite la concurrence de l'offre y est plus vive ; son salaire, quand elle vit en famille, n'est souvent qu'un appoint au budget général , ce qui lui permet d'offrir ses services à prix réduits, etc.

M. le vicomte d'Avenel a réuni à ce sujet un certain nombre de données qu'il a traduites en poids d'argent fin et exprimées en monnaie actuelle. Ainsi, pendant qu'au moyen âge (i326-i35o) il attribue o fr. 80 par jour au journalier agricole non nourri, il en attribue

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o fr. 55 à la journalière ; il a trouvé dans les temps modernes le même taux pour 1 65 1 -1675, et un taux inférieur (o fr. 5o) pour la femme (o fr. 82 pour l'homme) à la fin de l'Ancien Régime (1 776-1 790). Ce ne sont là que de ' simples indices, ainsi que nous l'avons dit au chapitre v ; mais ils suffisent pour autoriser à croire que jadis le salaire de la femme ne dépassait pas de beaucoup la moitié du salaire de l'homme.

Il en est encore ainsi : « Comparé au salaire des hommes, celui des femmes, dit l'enquête sur les Salaires et durée du travail dans l'industrie française, est dans l'ensemble égal à environ la moitié de celui des hommes. » Bien entendu, les travaux exécutés ne sont généralemenl pas les mêmes. Mais, d'autre part, lorsqu'il s'agit du même genre de travail, l'enquête n'a constaté l'application du principe : « A travail égal, salaire égal », que dans la seule industrie de taille des pierres précieuses f .

Dans les enquêtes décennales de l'agriculture le salaire des femmes, nourries ou non nourries, se trouve à peu près égal aux deux tiers du salaire des hommes ou un peu inférieur. Celui des enfants est à peu près les deux tiers de celui des femmes.

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