CHOMAGE I9I
et 29 par des syndicats mixtes. Le succès, excepté dans le tissage, est jusqu'ici très médiocre.
Les premiers bureaux municipaux de placement avaient été ouverts à Paris en i848 ; ils n'avaient pas réussi. L'idée a été reprise sous la troisième République et, depuis i856, 76 bureaux ont été créés (dont 12 à Paris et 1 à Alger) qui, en 1906, ont placé 47-410 personnes, surtout des domestiques : c'est peu.
En Allemagne, les bureaux de placement sont très nombreux : en 1906, 2.400 bureaux de corporation, 1.000 bureaux de syndicats, /|6o bureaux publics *, en tout près de [\ .000 bureaux qui ont placé cette année 1.200.000 personnes. En Autriche, 10.809 bureaux, qui sont surtout des bureaux publics, ont fait en 1906 plus de Soo.ooo placements. La Suisse a imité l'Allemagne ; ses bureaux publics ont placé /j5.ooo personnes en 1905. Au mois de décembre 1907, le Conseil fédéral a voté à ces bureaux une subvention qui doit être soumise au référendum. En Angleterre, il existait seulement en décembre 1907 une cinquantaine de bureaux publics contre la création desquels les « Trade unions » protestent.
Les bureaux d'émigration peuvent figurer à côté des bureaux de placement. Il y a des pays où ils ont une grande importance 2. Mais en France, dont la population est presque stationnaire, leur influence sur l'allégement du chômage est très faible. Le parti ouvrier
1. C'est surtout clans le sud que les bureaux municipaux sont le plus nombreux ;le premier a été fondé en i865 à Stuttgart, le second à Cologne en 187/i. Par décret du i5 septembre 1895, le Wurttemberg a organisé iG bureaux reliés à un bureau central.
3. Nous avons traité cette question dans la Population française, t. III, liv. IV, eh. ix.
se préoccupe davantage de l'immigration des ouvriers étrangers, italiens et belges surtout, qui vient lui faire concurrence ; il a obtenu le vote de lois qui ont réglé les conditions du séjour des étrangers *.
L'indemnité en cas de chômage est, en principe au moins, comme les frais de maladie dans les sociétés de secours mutuels, le résultat d'une assurance.
En France, il y a des syndicats qui ont créé des caisses de chômage, avec cotisation spéciale. Ainsi la Fédération du livre paie une indemnité de 12 francs par semaine en cas de chômage ou de maladie ; le total pour un même membre ne doit pas dépasser 72 francs dans l'année. La loi de finances du 22 avril 1900 a alloué un crédit de 1 10.000 francs pour aider dans cette œuvre les syndicats comptant au moins 5o membres (100 membres d'après le vote primitif) appartenant au même métier ; L'indemnité doit être de 2 francs par jour et la durée limitée à deux mois. En 1907, le subside a profité seulement à 68 syndicats dont le nombre total des membres était de 38.562 et dont le nombre des chômeurs s'est élevé à 7.0^1 avec une durée moyenne de dix jours de chômage: proportion forte, quoique moindre qu'en 1906, qui semble indiquer que ce sont en général des syndicats particulièrement exposés qui ont adopté cette pratique 2.
En Angleterre, beaucoup de « Trade unions », dont les ressources sont importantes, ont des caisses de chômage. En 190/i, les comptes des quatre cinquièmes des cent principales unions ont accusé une dépense de i5 mil-