CHAPITRE XIII
LE GAIN DES TRAVAILLEURS SALARIANTS ET LE GAIN DES TRAVAILLEURS SALARIÉS.
Les critiques du salariat, les socialistes surtout, ont longtemps, sur la foi de Karl Marx ' interprétant Ricardo, répété comme une vérité démontrée qu'en vertu d'une évolution fatale, le revenu du capital (rente du sol et profit de l'entreprise) irait toujours en s'accroissant et le taux du salaire en s'abaissant, et par conséquent que la condition des salariés empirerait. L'évidence des faits ne permet plus de soutenir une telle proposition, bien qu'il y ait encore des socialistes et, à leur suite, des syndicats ouvriers 3 qui plaident la
i. Avant Marx, Rodbertus avait écrit en 1842 : « L'accroissement de la productivité entraîne une augmentation de la grandeur relative du revenu du capital en général (qui s'appelle rente) et une diminution de la grandeur relative du revenu du travail (salaire).
2. Exemple : le syndicat général des terrassiers, puisatiers, etc., dans un projet de contrat collectif (i 3 août 1908) qu'il proposait aux entrepreneurs, motivait sa demande d'augmentation de salaire sur le considérant suivant : '< La cherté des moyens d'existence. Il serait téméraire de contester les statistiques officielles et privées qui accusent au minimum une augmentation de un tiers sur tous les produits et le logement, alors que le salaire tend de plus en plus à diminuer du fait de la concentration du travail en mêmes mains. » C'est un argument de plaidoirie ; les statistiques, quand on prend la peine de les étudier dans leur ensemble, disent tout autre chose.