‹ Salomon et ses successeurs: solution d'un problème chronologiqueChapitre 10 sur 35 · CHAPITRE Iir · texte numérisé non relu

CHAPITRE Iir

Le calcul des Mois»

Dans quelques cas, malheureusement trop rares, les données sont précisées jusqu'au mois près; là où elles se trouvent, elles sont d'une grande importance pour la fixation des temps. Mais dans trois cas seulement, se rattactiant tous au règne de Salomon, les noms des mois ont été transmis et ces noms de mois nous sont conservés par Tépigraphie phénicienne. Il faut déplorer quecesdésignations intéressantes soient d'une importance moindre pour nous ; car il n'existe seulement que quatre mois dont on connaisse la position dans Pannée, celle du 1«% du 2% du 7« et du 8«.

Dans la grande majorité des cas, le mois n'est désigné que par son nombre ordinal, et Ton pourrait se demander si le même chiffre signifie toujours le même mois. Pour illus- ' * rer la question par un exemple, le premier mois signifle-t-il toujours VAbib hébraïque, le Nisan des modernes, ou exprimet'il le premier mois dans l'année de Vavénemeni du roi?

C'est pour la première alternative qu'il faut se décider. Elle résulterait de l'appréciation technique de la question ; mais nous avons encore une preuve directe dans des textes bibliques.

Ezéchias célébra la pâque le 14» jour du second mois dans la première année de son règne (Ghr. ii, 30, 18), tondis queja fête tombe, comme Ton sait, dans le premier mois, Nisan. Dans ce mois, la pâque est plus lard célébrée par Josia fib. 35, i). On pourrait donc croire que le second mois serait le mois du Nisan, et qu'Ezéchias serait monté sur le trône au mois d'Adar. Mais il n'en est pas ainsi, comme le démontre une appréciation plus exacte de la question. Dans le premier mois ' de la premtér^ année, Ezéchias convoque tous les habitants de la Palestine, pour célébrer avec lui à Jérusalem la fête des pâques dans le mois suivant. Dans ce premier mois, Ezéchias

avait ouvert le temple fermé depuis longtemps ; celte réouverture avait eu lieu le premier jour du premier mois de la première année d'Kzéchias (Chr. ii, 29, 17). La forme même dans laquelle le texte expose les faits s'oppose à la conclusion forcée de la prémisse, à savoir que le jour de l'ouverture du temple fûl le premier jour du règne d'Kzéchias. Eu tout cas, ce sens aurait dû être spécialement et directement exprimé, tandis qu'une autre pensée est, en vérité, rendue par le texte des Chroniques. La solennité de Tinauguralion eut lieu au premier jour de l'an, le i" a6î6 après Tavénement du roi. Le 8 abib, une grande purification fut commencée et cette cérémonie fût achevée le 16 du mois. Le 17, il fut célébré une grande fêle qui eut une vraie ressemblance avec le jour de Texpiation, mais qui ne fut pas accomplie, comme celle-ci aurait dû Têlre, le 10* jour du 7* mois. C*est alors seulement que le roi songea à convoquer pour le mois prochain tout Juda, en vue de la célébration des pâques. Ces irrégularités s'expliquent par l'ignorance de la loi mosaïque, découverte de nouveau seulement sous Josias, presque un siècle plus tard.

De ce qui, précède il ne s'ensuit donc pas qu'Ezôchias montji sur le trône en Adar ou en Nisan.

Partout le nombre désignant le mois signifie la position du mois dans Tannée du calendrier. Ainsi le 9* mois tombait en hiver, comme il est dit expressément dans Jérémie, xxxvi, 22. Dans les écrits après Texil, au surplus, les noms des mois employés à Babylone sont ajoutés au chiflfre. Cette difl'érence entre les indications des écrits plus anciens et celles des livres plus récents, est surprenante. Il est possible que, dans le langage ordinaire, anciennement le chiffre fut plus usité que lé nom. Cet usage peut encore être maintenu dans les temps postérieurs, pendant lesquels, comme on le sait par les écrite saiomoniens, jamais le nom n'est employé sans son numéro d'ordre. Les Juifs n'adoptèrent que tard, après avoir oublié les noms anciens, les noms modernes usités en Assyrie, mais tout aussi |ieu assyriens qu'hébraïques. Aujourd'hui ces noms de mois, d'origine mystérieuse, ont reçu le droit de cité en Orient, et se sont telltim^nt impatronisés que même le calendrier grégorien u'a pas adopté d'autres désignations.

Page 1