CHAPITRE IT
Erreurs et contradictions dans les données.
Il serait surprenant que, parmi plus de deux cents données, il n'y en eût pas quelques-unes qui ne passent être maintenues devant un examen basé sur la combinaison critique d'autres dates. Mais ces fautes^on le verra^ sont très-peu nombreuses.
I. Dans la série des fautes évidentes de copiste^ nous comptons la donnée n"^ 91, que Joas d^Israël soit monté sur le trône dans la 37-« année de Joas de Juda. Son père et prédécesseur, Joachaz, avait été roi pendant 17 ans, depuis la 23'-<' année du monarque judaïque. Ce dernier avait régné 40 ans, et était mort dans la 2'' année de Joas d'Israël. fCntre la 23'-e et la 37"* année, il n'y a pas dix-sept ans, et entre la 37-eet la 40-e ou même 41«'« année, lintervalle est de plus d'une année et d'une fraction. Bref, rien ne s'adapte à la 37'"«, mais tout cadre parfaitement avec la 39'^^ année, s^ic; est une faute de copiste pour ytcrn.
IL Une autre faute facilement corrigible est dans la donnée des Chroniques, qu'Ochozia de Juda ait ei\ 42 ans lors de son avènement, tandis que les Rois neluj donnent que 21 ans. Le chiffre de 42 est impossible, puisque le père d'Ochozia devait alors avoir à peu près le même âge, et il est bien possible que ce chiffre, exprimant l'âge du père, ait occasionné l'erreur concernant le tils.
IIL Une faute manifeste est la donnée des Rois, ii, 15, 30, que Pékah fût tué dans la 20'"« année de Jotham. P'abord Jotham n'avait régné que 16 ans, et puis un passage déjà discuté (ib. 17, 1), expose que cet événement eut lieu dans la 12'»e (lisez la 13-«) année d'Achaz. Nous avons montré dans nos précédentes publications, comment cette faute est venue dans le texte actuel ; l'erreur, démontrée par un texte directement contradictoire, est très-ancienne, et provient probablement
d'une mutilalion du récit tout entier^ et d'une fausse ponctua-^ tion ; il en sera question plus tard.
IV. Dans Jes Chroniques (ri, 15; 19ét IH, 1) il se trouve deux
dates, dont Tune peut être vraie, mais dont l'autre est sûretnent fausse. Dans le premier passage, il est dit a qu'il n'y » ait pas eu de guerre jusqu'à la SB-e année d'Asa ; » dans Tautre, il est constaté que, « dans la 36"® année du même » roi, Baësa d'Israël » a marché contre lui. Si les deux passages ont une connexité quelconque, il faut comprendre, sous l'année SB"® d'Asa, la fin de cette année. Mais dans la 36"« année d'Asa, Baësa n'existait plus depuis longtemps, car il était mort 10 ans antérieurement à cette époque, à laquelle le règne d'Omri se rapprochait déjà de sa fin. Il est pour cela possible qu'il faille lire, au lieu de 35 et 36, 25 et 26, de sorte que l'expédition de Baësa devra tomber dans ses derniers jours. Il est plus difficile de substituer, 15 et 16, philologiquement bien entendu^ quoiquj^ ce changement fût tout aussi admissible au point de vue chronologique. Nous nous décidons pour le changement en 25 et 26, déterminé surtout par la raison ([ue conformément au texte des Rois ((, 15, 16), Asa et Baësa s'étaient fait la guerre ioute leur vie durant, c'estràdire jusqu'à la mort du roi israëlite. •
V. Par suite d'une négligence très-ancienne, trois faits différents sont tous mis ensemble dans la 14"® année d'Ezéchias ; quoique l'un d'eifx doive être postérieur aux autres. Ces faits historiques sont :
a. L'expédition de Sennachérib contre Juda ;
b. La maladie d'Ezéchias ;
c. L'ambassade de iMérodachbaladan, roi de Babel.
1». La maladie du roi tombe réellement dans la 14*" année, car il est expressément remarqué que le roi malade devait encore survivre à sa maladie 15 ans durant (R. n, 20, 6. Is. 38, 5), ce qui s'accorde avec la durée du règne de 29 ans.
2». L'ambassade de Mérodachbaladan se rattache à cette maladie ; et elle ne peut appartenir qu'à cette époque, où d'ailleurs Mérodachbaladan (721-709), encore roi de Babylone, cherchait partout des alliés contre Je puissant monarque de Ninive. Sargon. Ce fait résulte arec évidence de plusieurs textes assyriens.
eOftTHABfCTIOilS DANS LBS IMMIMBKS.
3^ L'expédition de Seiinachérib a dû arriver comme cela s'entend de soi-même, pondant le règne de ce roi, lequel ne monta au trône que dix ans après la maladie d'Ezéchias. Aussi résuUe-t-il du texte de la Bible (R. ii, I. c. Is. 38, 6) que le danger de mort que courut le roi fût antérieur à l'expédition de l'Assyrien, puis(|ue le prophète ïsaïe en parie comme d'un événement futur. Bn réalité, elle eut lieu, 14 ans après la 14-" année d'Ezéchias. Les Diasceuastes, ou rédacteurs défl- . nitifs de ces fragments, placèrent le grand événement de la destruction de l^rmée de Sennacbérib avant ceux qui^ dans leur esprit, avaient une moindre importance. C'est de cette interversion qu'a pris naissance Terreur aujourd'hui existantdans le texte, erreur très-préjudiciable, pendant très-longtemps à la chronologie biblique, dont elle a obscurci Tauthenticité.
L'adoption du synchronisme contenu dans la Bible était, il est vrai, indiquée par les fàits^ aussi longtemps qu'on n'avait pas de moyens critiques pour apprécier une donnée qui réunit dans îa"" même année trois faits complètement différents. Aujourd'hui cependant, où le règne d'Ezéchias est mieux connu que celui de Trajan^ on ne peut plus se cramponner à la teneur actuelle du texte, sans encourir le reproche d'ineptie ou de mauvaise foi : on croit néanmoins pouvoir déduire de cette intei^version des èhapitresla thèse, que toute la chronologie biblique doit être rejetée sans merci.
Et pourtant c'est ce qu'on a fait, surtout en Allemagne. Bien, disons-le sans ambages, n'est moins conforme à une critique équitable des données historiques. 11 est iaexactque nous violions nous-mêmes la chronologie biblique, comme l'ont dit, pour s'excuser, nos adversaires.
Il ne s'agit même pas d'un changement de chiffre. Le nombre a de la 14* année d'Ezéchias m est parfaitement exact, en ce qui concerne la maladie du roi,etrambassade du prince babylonien. On ne propose que l'interversion des chapitres, qui lèvera toute la difficulté, et qui, au surplus, est ordonnée par des raisons intrinsèques de premier ordre. Les invasions assyriennes relatées Kois II, 18, 13, jusqu'à la fin du ch. 19, sont postérieures à la promesse donnée au roi ch. 20, v. 6 ;
« Je le sauverai de la main du roi d* Assyrie, toi et cette
3t SALOMON ET SES SUCCESSEURS.
» TiIIe> et je protégerai cette ville, à cause de moi, et à cause ^ de DaYid, mon serviteur. »
Nous ne parlons pas ici de Ti m possibilité historique de plac^ dans la 14*' année d'Ezéchias l'expédition d'un roi qui commença son règne dix ans plus tard ; mais nous re- VK>ussoDS même le reproche de rinexactitude fait au récit biblique. L'interversion des chapitres a lieu ailleurs^ ainsi les Septante changent, même d'une façon plus conforme à l'unité du récit. Tordre de Thistoire de Nabolh et d'autres textes à la fin du premier livre des Rois. Il y a donc, dans ces cas, des déplacements prouvés^ et il en faut également admettre un en co i\\\\ concerne Texpédition de Sennachérib contre Juda.
VL Les difficultés les plus considérables. qui ont également occasionné bien des confusions^ se trouvent dans l'histoire des deux rois israëlites, Jérobeam Il^t Pékah.
Ainsi qu'ils se trouvent dans le texte de la Bible, nous disposons des renseignements suivants, au sujet de Jérobeam :
t». Joas laisse le trône à Jérobeam, dans la 15»« année d'Amasia.
2®. Araasia survit à Joas 15 ans (n» 133), et meurt d'après une notice conforme à ce renseignement, après un règne de 29 ans.
Donc Ozia, fils d*Amasia, a dû succéder à son père dans la i5"« ou la 16* année de Jérobeam, et le chiffre de 14 (au lieu de 16) est donné par Josèphe (Ant. x, 10, 3).
3o. Les Rois (II, 15, 1) disent, au contraire, qu'Ozia monta sur le trône dans la 27'"e année de Jérobeam, qu'il était âgé alors d(î 16 ans. et qu'il régna 52 ans.
On a rattaché à ces chiffres, qui se détruisent l'un l'autre, les conjectures les plus aventurées; on a même inventé à cette occasion des faits historiques, en contradiction directe avec les textes.
Les savants qui, contrairement à Josèphe, maintenaient le chiffre de la 27"' année de Jérobeam, ne pouvaient pas rationnellement se défaire de la 16'"*' année, et inventèrent une minorité et une régence pour Oziasqui; lors de la mort de son père, n'aurait été âgé que de 4 ans. Dans le text^ de la Bible, il se trouve juste le contraire : Ozia ou Azaria avait,
GOlfTBADlGTIOlfS DANS LES DONNEES. 33
selon R 11^ 14^ 21. Cbr. 11^ 26^ 1, seize an^lors de la mort de son père, et régna 52 ans à partir de ce moment jusqu'à ce qu'il mourut, figé de 68 ans. 11 aurait, selon Topipion de quelques-uns, régné 41 ans seulement. Cette opinion ne crée pas de perturbation chronologique; peu imperle si,des52ans, 1 1 ans se sont écoulés pendant la minorité d'Ozia mis sous tutelle, du pendant sa souveraineté illimitée. Mais cette complication n'est pas confirmée par les textes.
Est-il possible qu'en Orient une tutelle puisse s'étendre jusque sur un adolescent de 16 ans ? C'est là une question à laquelle les érudils n'ont pas pensé. D'ailleurs , cette question n'émeut pas la chronologie comme telle, et la laisse etitière. D'après d'autres, cette année 27 de Jérobeam est reputéo avoir marqué la fin de la réunion de fait de Juda et d'Israël sous un seul chef israëlite, réunion pour laquelle se trouveraient des preuves dans les prophètes Osée et* Âmos. En tout cas, il faut une très-bonne volonté pour lire de pareilles choses dans ces prophètes, et il faut une dose minime d'esprit d'opposition systématique, pour découvrir dans les sources historiques, juste le contraire d'une telle bypolhèse. Mais toutes ces opinions, quelque hasardées qu'elles soient, ne constituent pas des délits chronologiques.
Un tel délit pourtant est commis, si Ton maintient les 41 années du règne de Jérobeam (n*" 60), de manière à admettre que 41 ans seulement se soient écoulés entre l'avènement et la mort du n>i d'Israël. Ce délit se rattache à une sorte de marotte chronologique, celle d'étayer la chronologie judaïque, à partir de l'édification du temple, sur un fait de l'histoire pro* fane, lequel fait lui-même est justement l'un des plus incertains de l'antiquité tout entière.
Il faut avoir une idée très-peu nette des conditions nécessaires à l'investigation historique et mathématique, pour vouloir baser Thistoiredes roi^ juifs sur une appréciation soi-di* sant chronologique de la fondation de Carthage. Plus de trente différentes données anciennes s'écartent les unes des autres, et de plus de 400 ans. L'inconnue qu'il faut dégager de la combinaison des, textes bibliques et des fragments des annales phéniciennes transmis par Josèphe, n'est pas la date de
34 CUlsOMOl» AT «I» SIK7GEKaEm&
la 0Oti6truction du,t6m|ile satomonien : d'est jusltèmènl la kvh
ûAtiiynâe Cài^bagè. Où û-a ^m ^esioîn d'être an génie niatbi^
matii^ifev pour comprendre l'impossibilité de déterminer celte
inconnue, quand Ih formation «même d'une équation est in^
terdite. S'il est {>OBsibte de fiKer la date de ta constrntjtidn du
terni^le^ laqtielte ne déc6(«le pas aos&i facilement qu'on pour^
rail le siJp|>oser de la fixation de l'époqufe de la iviort de
Salomon : alors seulement on poorrail , avec là grâee da
Dieu, choisir définitivement Tune des données^ parmi les trente
valeur^^ prop66ées pour la construction de la grande métropole
pUl)iqU0. Preu4re parmi ces trente époq^aesTuiied^eUesq^i,
afffès tout, n'est pas plus autorisée que les vingt-neuf âuU'es, 7
ajouter le cfaifTre 143 et taillader^ \Mt ira calcul Irap facile>
toule4a chronologie des Rois, cela est un priDcédé contrak'e à
td^ute méthode scientiàque.
Les prétendus reotiflcatenrs de la cbronologie juiiRB avaient {>our leurs systèmes besoin d'un temps moinâ coqasîdérable que celui qui est formé parTaddition des règles Judaïques; et pouries raccourcir, les 41 ans de Jérobeam lenr offrirent une bonne occasion.
Dâ>ns la 16"* année de Jérobeam meurt Âmazia, et dans Tannée 38"* d'Ozia meurt Jérobeam ; nous avons do»è :
Jêrobeatn avdnt 02ia : 15 + •/
Jérobeam avec Ozia : 37 11/12 (voir plusbautj
temps de Jérobeam : 52 11/12 -[- y'
Donc, entre les deux points extrêmes du règne de Jérdbeam 11 n'y a pas 41, niais au moins 53 ans, peut-être près de 54 ans^ Malheureusetrietit, tes savants, dont nous parlions tout à l'heure, ont encore assez mal calculé. Ils ont cru qu'rl ne s-agissait que de 51 ans^ au lieu de 53 ; ilè se sont donc cru le droit de diminuer, pair voie de correction arbitraire^ le règne d'Oziade 10 ans. La manie d'amender né fut pas découragée par la nécessité absblue de corriger dix textes bibliques qui^ au siinrplua^ s'accordaient entre eux. Mais encore cet expédient quelque peu violent n'a pu avoir d'elTet cerlain ; car il y mste toufodts uti eseédaïit de deux aniv
Leâ diroBologi^tes (mt estimé qu'il serait diffidie d'accepter
s^utement 41 ans cmtre les deux p(rint8 extrêmes de la doviU natioh de Jérotieam. Oa }eta dofie résolunnent cette donnée par dessus box%l, et on. admit bn JoAerrè^ne idaos Ji^d^ jits<i|-u^à la 27"* année du roi israëlHe^ eo comnaeDcaat par (à le règne d'Ozta. Maïs alors le âls de joasdevraii avoir joqi d'un règne très-long et d'un â($e trèd^ai^dneéi, car on obiteudrai^i de cette
Wrobeam avant Oïla: 26 + 8 Jérôbeam avec Ozia : 37 11/12
Total 63 11/12 + 8,
donc au moins 64 ans. '
La conclusion de tout cela est qu'on ne doit pas vouloir ebanger la cbroaologie des rois de juda« Il faut, et cette fqi^, avec le mauvais cbronologiste Josèpbe, qui certes p'a pa$ inventé ce chiffre -14, placer le règne d'Ozia dans la lë-o année de Jérobeam, et admettre entre l'avéaementv de ce dernier et sa mort un intervalle de 53 ans, plus une fraction.
Ces prémisses me fojrcçnt'^elles de repousser ]sl .donnée que Jérobeam ait régné sur Samarie 41 anç ? Nullecoent. Les nombres bibliques ne doivent. pas.qtre mis de çôlé sanaun exs^men tràs-coiisûiencieuz,ret dansle cas qui nous occupe^ i^ive solution très simple est .possible. Cette solutign dP problèin^ çs.t indiquée par une interruptiorif qui, plus QU moins gr^^n^e, eut lieu pendant le règne du roi d'Israël. Ces interruptions se trouvent dans rt^istpire ancienne, par eixemple^ spua leâJSé-< leucides, surtout sous les Musulmans (par exemple, Jle règne du mamelouk Halik en-;Nasjr Mubammed et d'autres), çomipe dans notre siècle dans les bistoiresitalienqe, espagnole etfraQçaise. Napoléon fut proclamé ^emp^reur Lç 8 miai 1804, il f^rdit la couronne au mois de 'miu 1815, et il n*a pas ré^ï^é 1 1 Apt et 1 mois. Et quant à Jérobeam? jvisitejia date de ,1a 27'"' anQée offre un point d'att^che.^yeç. cette idée. ,
Au T* chapitre d'isaïe il est {a^t meptlojn d'juiie expé^itioç
de Vékab et.deResifi')[eSyTien./ç6otre Jérpsafem ;,le;prapl^te rassme le Jîpi Acl^az si,ir cette §gre§siont^t Jpi dit; . « Car, de nouveau, après 65 ans, Ëpbraïm sera exterminé des
«..peuple» dmo asm m :;m vfxt^ mm t^*?^. fiiftis
«96 . SAIOMOW'Er 888 (n^CBBIBDIg.
savods par les inscriptions assyriennes sur les éponytiies de Teglathpbaiasar, qui futimpKqoé dans cette guerre^ la date de l'agression dont parle Isaïe. Elle eut lieu en 733 av. J.-C^ 9,268. On n'avait pas compris ce passage. L'expliquer, selon l'usage ordinaire, eji se rapportant à l*ai^nir^> et le renvoyer à Tan née .666 (733-65), n'avait paS" de isen^v puisqu'Ephralm, c'est à-dire, le royaume d'Israël», était tombé depuis près d'un demi-siècle. D'autres qui ne lecoinprenaiant pas, voyaient dans .ce verset, ce qui est fort commode,. une interpolation pure et simple a sans valeur d et provenant des tepips modernes. Nous avons déjà indiqué ailleurs* la seule explication possible^ eoLvante'cinq ans avant l^ prophétie, Epnraïm avait déjà 'été une fois momentanément rayé*du noihbi^e desnations; c'est-àdire, 798 av. J.-C. 9,203. Cetter date tombé juste danê la 27«» année de Jérobeam,
Après lés quelques versets, qiie le livre des Rois consacre au béros d'Israël couronné de succès, il continue (R. ii, 14, 26, 27), sur un ton étonnamment diiférent :
c Car Ditm vit la misère d'Israël, très amère, qu'il était a la » derniei^e extrémité, malheureux et abandonné ; et qu'il n'y i' eut pas de sauveur pour Israël ; et Dieu ne parla pas de j» Vouloir anéantir le nom d'IsraëV au dessous du ciel, et il les » sauva' par la inain de Jérobeam, fils dé Joas. »
On voit ensuite le renvoi usuel aux annales d'Israël, pour y lîfe le técit de l'héroïsme du roi, celui de la mort de Jérobeàm, et alors le texte continue i « Dàns*la27''" année de Je* irobearA...., régnia Azatià. » /
On ne comprend |;)as, après tout ce qui précède ce "passage, ce cri de douleur d'Israël. Quelques lignes phis haut, il est question de la victoire d'Israël sur Amàsia de Juda àBet-8emes, du hiâlhëur qui ïi'appaJdda, de la rébellion contre le loi et dé son assassinat, puis des conquêtes faites parle puissant filsde Joas, roi de Samarie: donc en général il fallait' croire à un état très-florissant de feé' p^ys. Apre* l'exorde, on était préparé à tout; excepté à cette extrême ihjforlune d'Israël, don! Dieu le sauva par lebrais de Jërbbeani'. L'histoire de cette bnmilration
^ Zeitséhrift der deàtecfidn^knôrgeDkiiid f8clleri'GeîleIlsc6aft v« xxiii,p. Ii6,
CONÏlt ADIGtfOKiS -MM LB8 ' BON HiES. 3t
est pérHù^; lombëd^^dû 4é3tte^ e)4e a peut^tvis été mutilée sur réxémplàiré réservé ^«rxrestâidrâtèlDrs des livres bibliques, elle commence! par' ces paroles : it Dan^ la 27-*atinée deJé*- » robeattfi, i*6i d'Ktiàël. » Plus tard^ cétfe diâte fftt; par erreur, substilufée à la 16*»ann8evcèngert;ee m^me-pa^ If erreur d^ Josêphe, lorsqu'il s'agissait de TavériemenlcI^Oaia, . ^
Le chiffre de 27^tilptoyéatlsifjetderaTéniem^ntd'Ozée;est donc abandonné sur lel foi 'd'un témoignâjgèantfqué^ et soo origine est expliquée.
Cette i'rtterrnf>tion' du i'¥»giie de Jérolwam nu^p^ohotilf^ment occasionnée par ttneaWi'ande ent^e'lës^yt rehs et 1« loi â{*h*ô^^ dont la force é^t'Vëntee dans ie livre de» Cbronupi^fts. Peut-» élt'e fnt-ce le Syr*ien seul qui domina a Sarriarie, et ce ne fut probablement pas le hm 'Ozia : un fait pareil n'aurait pas échappé à Toubli. En tout cas, ietj 53 années de Jérofoeam devront être sèîndées ainsi : :
15 ans et une frâctîôny preiVïier ISègne de Jérobeanl If^ • .12 ans, domination étrangèrey 26' ans et une fraction, restauration de Jérobéam II. En tout, 53 ans et une fraction, dont 4r de règne effectif. Par un hasard, qui pètit-être n'en est pas un, le chlBref© (ou 27) se retrouve pour indiquer ^a duréeda second^règne dcl Jërôbeam. ' '^^ ' ^
Vil; Lé cas dePékàh ôfetaHaloguirà celui de Jér^tifîatri; • • Lte'datessohllesi'ûfvantes:' '•' ' ' 'O . . . tj
!• Pékah régna 20 ans à Samarie, ^ « ./
2*» Tf nriôntà stiF le trôoe'idàWs M 62*^ année d'O^iâ/ • 3« Il fatfùë'dàris'la 12»*«'(fS"i»)aYirïée^d*Xchaz. • ^ ;. ' Entre Ozia et Achaz, il y a le règne dé JWibaiïï'peridaht près de 16 ans; puis il faut compter plusd^uné année flàtir le temps où Pékàh fut le contemporain d'Ozia, et finalement les 12'ans d'Âchaz. 11 â'écôule-doi^C au triéins 29 ans, au lien de la donnée de 20 ans dont' parlèf le texte, et qui est en lotit cas fôrl an* cierihe. Avec Ri tt, 15; 27, s'accordent et Josèpbè et' lés Sèpàrite. Nous^àVdrisédtiséqiierhttiètit pouf^le tègiïé'de'Wkali : • 'l>ékah'a[vantAçhâ5!;^ 16 •+- o ■
1?ékàh avec Achâz: ' ' • '' 12^+ (^ '' •• •' '•'■'"' En tout' '" ' ' 2» +> ^ ?) •• '
Les érudiis qoi «e dont ocoufféë de la cbro«K)lQgte de la* Bible, et de 800 émeodaticfti syMéoiftlii}»^, ont été tout prêlsàdé^ d^ire 10 aoQées ai^ règjae de Jotbai». Hais ppur cela Ù fallait comgiff* au mains «^1 ()ax4e&. D'atiord Jot^afii n'^iurait régoé qbe $iœ and; pujs^ au lieu de mettre fayéneoieal d'Âdiae d^ns la 17"* année de Pékab», il {allait le placer daas la, 7"*. Gela D^était pas embarrassant ; pourquoi m pas changer quelques ebiffnes de pins oi»4e moins? Maii^ la question a sesdifflciiîtésj auxquelles on n'avait guère pensé.
J(^bam avait 25 ans lors de ^oq avénçtrueut» e^ régna «eize anis, ainsi que le disent $ix textes. Lori^qMe la mort vint frap^ per le roi âgé de 41 ans seulenienti il Ltis^a lacQuronae a son flls AcbatE, plus jeuoe quea^m père de 21 ans. S^ Ton introduit la réduction des d4x ans^ Jotham aurait engendré soti fils a li ans. Nous avons bien im fait semblable dans les données telle!^ qu'elles ^e présentent aujourd'hui: mais en Ibout .casx^ ne serait pas une raison pour ecéer iine impossibilité, là où elle s'existe pas dans les documeniSt .
Ou biqn, om poiirraU Caire nionjler Aebaz sur le tcônoi dans l*flge tendre de 10 ans, au lieu de 20 ans. Alors la difficulté o&Dcernant Jotbam serait levée, il est vrai. Mais Aichaz n'aurait eu à sa mort que vingt-cinq ans, et aurait néanmoins eu encore le temps de laisser un flls âgé de 25 ap$« qi^^ii aurait dû engendrer pei^dant qne lui-mén>e était encore en nourrice. Cet expédient aura donc peu de cbance d'étreuniversellement agréé.
Il nou^ reste doqc deux moyens seulement : ou.d^ Ure pour le règne de Péhah 29 ans^ au liçude20 ans, ou bien d'admettre de nouveau une iotferriiption qui pendant 9 a/isaur^^it séparé en deux'(>arties le règne de Pé)iaU.
La première aliernaUve est contraire au te^^e biblique, et de même aux documents assyriens de Teglatbphalasar^ qui nomment contqmporams de,l]lezin de Dapiiis ud oertain Mé^ n^cbem de S^marie. Ce Ménacbem ne peut êUre Pé(^ab qMÎ^ * dans ces monunieats» se trouve sous sa vraie Spr^ie de Pagaha. Le roi ÉiniAii^mu des tejU^ cunéiformes ^e pourrait être le Ménacbem. des Rois^ puisc^u'iî apparaît dans la 8"« année du monarque assyrien, donc vers 9,2p3^(738av,J.-C.}, il
CONIHAlMGTiaKS DAIliS UBS DÛMNi^. ifi.
OBS arairt 1h prâe de Samarie. Même le correcteur te plus hardi ne pourra r^jeuoir autaut le er uel vassal do roi PÎiul^ On ne saurait prétendre que Teglathphalasar qui coQp^ii $i 'biea flezin» Pékab^Osée, Achaz, et, mêipe Asria, 1^ fils de Tabeël (Is. 7, 6), se soit trooipé dana tous ^s te^taç ju$i^ daps ce seul aom.
Nous somnies donc en présence du témoignage précis d^uo^ contemporain qui luirmême conclut un traité, en deUors de Pékahf ayec un autn; roi de Samari<i. Cet autre monarque s'appelle fiiénachem, et est le second roi de ee j^om, un pettt-fits peut-être du premier. Le passage biblique qui traite de lui, est également mutilé, renferme un contre-sens chronologique: le texte actuel dit que le meurtre de Pekah eut lieu par Osée dans la 20»« année de Jotham,
Cette fausse date, n^ 97, est annulée par pqe antre date de la Bible même ; au surplus, nous savons que Jotham était mort «dans la 20"" année desonrègne.D Vouloirexpliquer la phrase, comme si elle voulait dire : a dans la vingtième année de Joj) tbam, s'il avait vécu, i; ne peut venir dans l'esprit de personne qui commence ses xiecherches avec le bon sens préiiiainaire et indispensable. Le passage corrompu commençait probablement : oc Dans Pannée de la mort de Jotham, ûls d'Ozia, d et il éiait question du récil de la royauté éphémèixî de Menacfaem il, et peut-être du règne d'autres prélendants:
On doit égalenfient admettre à cette occasion que les 2& années, qui avec raison sont attribuées à la domination de Pékah, ne constituent pas Pintervalle séparant le meurtre de Pékabia perpétré par Peka^, ile Tassassinait qqmnsiis ^r Pékab lui-même par Osée. Il faut adxnettjfe un interrègne de 9 ans pendant lequel Ménacbern 11 régna. Nous aurons amsi : Pékah pour la première fois 16 ± A Ménac^em Q y dz A!
Pékah pour la seconde fbis 3 zt X"
Tq»1 28 -f (v 4t <f)
lA somme de<u 4- (p) peut être plus grande que 1 .Nous pensons que u est plus grand que ^, lequel xloit^re pioindr^ que 1/^j Fuisqu'il entre dans le compte des 52 1/2 imnées d'Osia.
A{V 8AL0M0N BT SB8 SIJGGESSBIIRS.
Ainsi nous avons dissipé les contradictions apparentes^ et nous avons revendiqué au texte n^ 65 l'autorité qui lui revient de droit.
Nous reviendrons, plus bas, sur les objections formulées contre nous, et nous serons en mesure de les écarter.
VIII. Plus obscure encore que n'est la question concernant Jérobeam et Pékah, est Ja concordance des sources i^raëlites et judaïques relatives à Josdphatctcà Joram.Cette question est assurément \t\ plus difficile de toute h cbronolofj^ie biblique. * Jusqu'à la moit d'Achat», les lifflcuités sont faciles à enie> ver. Mais, à partir de celte époque, tes données -espectives se concilient difQcilemenl. Nous avons (Ihqs la list: de Juda ,
Après Acbab pour Josaphat : ' 8 ans Pour Jorafn : 8
PourOchozia: 1
De la mort d' Acbab jusqu'à Jéhu : 17 ans.
La liste d'Israël est ainsi conçue :
Pour Ochozia : 2 ans
PourJoram: 12
De la mort d'Achab jusqu*à Jéhu : 14 ans.
- Les deux ans d'Ocbozia se réduisent à une année^ plus une fraction, 1 + x ; Joram n'a pas non plus régné douze ans [deins, mais 11 + a, comme on a montré plus haut. Les 14 ans se réduisent donc à 12 1/2 ans ; il y a par conséquent un écart plus grand encore du calcul judaïque.
D'après Kois ii, 3, 1, Joram d'Israël monta sur le trône dans la 18*« année de Josaphat, çt Joram, fils de Josaphat, régna dans la 5"* année de Joram, fils d'Achab. Le règne de Josaphat serait :
Josaphat avant Joram d'Israël : 17 -f- <
Josaphat avec Joram d'Israël : 4 4- C
Règne de Josaphat : 21 + (ê + Ç) .
Quand même nous admettrions 17 + < r=-'18> nous n'aurions que 22 -(- C pour la durée du règne de ce roi pieux, au lieu de 25 ans que lui donnent les textes (n* d). Deux autres