CHAPITRE XVIII
gent, c'est-à-dire, en évaluant le sicle à 2 francs 83 c. de notre monnaie, à 424 francs 50 c. L'attelage de quatre chevaux coûtait 600 sicles. Non seulement il en achetait pour son service , mais il en fit un véritable commerce ; les peuples chananéens et les Syriens se fournissaient de chevaux égyptiens par son intermédiaire \
Il avait à se pourvoir de chevaux de trait pour les chars et de chevaux de selle pour les cavaliers. Ces derniers, a^'oyiî: , équités ou eqiii^ étaient au nombre de 12 000; les chevaux pour les chars, au nombre de 40 000. Le plus grand nombre de ceux-ci restaient à Jérusalem auprès du roi; les autres étaient distribués, par troupes de dix, dans 4 000 écuries^ situées en diverses villes du royaume, principalement au sud de la Palestine, et appelées cités des chars o\x cités des chevaux \ comme Raphia, Beth-Susim, Beth-Hammarcheba, Hazar-Susim\ Les officiers qui prélevaient les impôts en nature pour les tables du palais de Salomon étaient aussi chargés du soin des écuries royales ^
a en effet le sens de congregatio (Gesenius). Les Septante, la Vulgate et la version arabe ont vu un nom propre dans Goa ou Koué , et disent qu'on amenait les chevaux de l'Egypte et de Goa, ville sur l'identification de laquelle on ne s'entend pas. Jarchi croit que mikoah signifie une file de chevaux attachés par la queue les uns aux autres. D'autres traduisent par fil de lin, et ont pensé qu'en même temps que des chevaux , Salomon achetait du fil en Egypte, opinion au moins originale.
1 m Reg. X, 28-29.
2 Les anciens disaient indifféremment eques ou eqiius (Gf. Virgile , Georg. III).
3 III Reg. X, 26 et II Parai, ix, 25.
'' III Reg. IX, 19. Joseph. Antiq. jud., VIII, ii.
^ I Parai, iv, 31.
*^ III Reg. IV, 27-28. Tel paraît être le sens de ces deux vei--
Le règne pacifique de Salomon et les exigences de sa cour laissent à supposer que les chevaux retenus auprès de lui servaient aux attelages de luxe et aux promenades de plaisir ^ « Ceux qui montaient ces chevaux, nous dit Josèphe, en faisaient remarquer encore davantage la beauté : car c'étaient des jeunes gens de très belle taille , vêtus de pourpre tyrienne , armés de carquois et portant de longs cheveux semés de paillettes d'or qui laissaient voir des têtes toutes éclatantes de lumière quand le soleil les frappait de ses rayons. Cette troupe magnifique accompagnait le roi tous les matins, lorsque, selon sa coutume^ il sortait de la ville vêtu de blanc ^ , dans un superbe char^ pour aller à sa villa d'Etham, où il se plaisait beaucoup, à cause des jardins magnifiques, des belles fontaines et de la fertilité du soP. »
L^enharnachement des chevaux était, dans l'antiquité, d'une incomparable richesse. Les découvertes modernes nous en révèlent le luxe en Egypte et en Assyrie. Une bande de cuir, ornée d^une double rangée de glands terminés par des perles, entourait le poitrail et s'attachait sur le garrot. Une autre bande brodée descendait du sommet de la tête et soutenait , sous la mâchoire , un gland formé de trois houppes superposées et également ornées de grelots. Au-dessus de la tête s^'élevait un superbe panache à triple aigrette. La têtière était décorée de rosaces, et au-dessus des yeux du cheval il y avait un ban-
sets. Les Pharaons s'occupaient eux-mêmes de leurs haras comme d'une chose fort importante.
1 Cantic. i, 8.
2 II semble qu'au temps de l'Ecclésiaste le blanc était la couleur à la mode (Eccle. ix, 8).
3 Antiq. jud., loc. cit.