CHAPITRE XVIII
mailles adaptée au casque et ne laissant libre que les bras, pour ne pas gêner le tir de Tare et le maniement de la lance ou de l'épée , qui étaient leurs armes.
Le roi commandait d'ordinaire en personne dans les combats. Revêtu des ornements royaux, il montait dans un char de guerre, suivi d'un chariot vide, soit par ostentation, soit plutôt pour recevoir au besoin le monarque \ Il était entouré d'archers d'une habileté et d'un courage éprouvés. Nous avons vu David au milieu d'une sorte d^état-major et d^offîciers fidèles, qui n'eussent pas hésité à se faire tuer pour le salut du prince.
Représentons -nous le roi Salomon s'avançant ainsi à la conquête d'Emath, dans toute la majesté que lui prête le Cantique des cantiques et le psaume xliv. Aidons-nous, pour décrire le spectacle, des découvertes modernes.
Le roi est debout ;, vêtu d'une tunique talaire surchargée de broderies et ornée de passementeries d'or et de soie, avec des pierres précieuses enchâssées dans les mailles du tissu ; car il trouve indigne de la bravoure d'un roi de se servir de la cotte de mailles et du bouclier. La robe^ à manches étroites et échancrées par derrière, est assujettie à la taille par une large ceinture.
De la main gauche il tient un arc, et de l'autre deux flèches; deux poignards sont passés à sa ceinture, suivant une mode encore usitée de nos jours chez les Arabes. Les tresses de sa longue chevelure descendent sur son cou et encadrent, avec sa barbe symétriquement bouclée, un visage majestueux et
1 II Parai, xxxv, 24; III Reg. xxii, 30-34.
impassible. Une bande d'étoffe précieuse, qui forme diadème, s'élargit au-dessus du front. Sa poitrine est ornée d\m collier de pierreries, au milieu desquelles étincelle la croix à quatre branches égales, symbole de vie et d'immortalité. Ses poignets sont ornés de bracelets d^or, et ses oreilles de pendants de pierres précieuses.
Sur le char, debout à ses côtés, sont deux personnages : le cocher, qui tient les rênes et le fouet, et l'eunuque, qui étend le parasol et le chassemouches à grandes plumes d'oiseau.
Tel , en effet , nous est apparu le noble guerrier du psaume xliv , « ceint de son épée , entouré de gloire et de majesté; c'est ainsi qu'il vole à la victoire au nom de la vérité, de la mansuétude et de la justice \ »
* Ps. XLIV, 4 et 5.