LES FINANCES
Le lecteur, même après avoir lu les chapitres que nous avons consacrés à l'armée, à la marine, au commerce , aux constructions et aux défenses , toutes choses montrant un important et un grand Etat, ne s'étonnera -t -il pas que nous intitulions le présent chapitre : les Finances? Le titre ne parai tra-t-il pas ambitieux ?
Assurément, si nous avions la prétention de découvrir dans les quelques pages bibliques qui nous restent de l'histoire de Salomon un système financier correspondant aux institutions de nos jours : des impôts étudiés et savants, une répartition proportionnelle aux moyens de chacun, une comptabilité contrôlée avec ses justifications, etc., nous nous égarerions. Ne pourrait -on pas cependant placer sous les yeux du lecteur un ensemble de faits empruntés à la Bible et suffisant, si on le voulait, à établir approximativement une sorte de budget dlsraël, et comme le livre de ses recettes et de ses dépenses? Nous l'essayerons.
Sous Salomon, les services à pourvoir étaient : Tarmée, charge toujours lourde pour les peuples; les fonctions administratives, l'entretien de la maison du roi, et, à ce moment de l'histoire d'Israël, les
grandes constructions, les édifices que l'orgueil ou les besoins d'une nation réclament; enfin les travaux de défense pour constituer de bonnes frontières, ou du moins des frontières suffisamment défendues.
L'armée resta , comme sous David , partagée en deux grandes divisions : les troupes dont le service était permanent , et celles dont les soldats , laissés en grande partie dans leurs familles, devaient fournir des contingents successifs qui se relevaient de mois en mois. Un principe dominait et réglait le payement des troupes. On ne payait que les militaires sous les armes. Point de solde pour les soldats quand ils n'étaient plus au corps; point de pension de retraite. Les soldats sous les armes étaient toujours rétribués en nature pour une part, au moyen des redevances de la tribu au milieu de laquelle ils tenaient garnison ; pour le reste , ils devaient y pourvoir par eux-mêmes et à leurs frais. Les officiers supérieurs vivaient à la cour du roi et en recevaient plus ou moins régulièrement des présents ^
Le trésor public pourvoyait à la fabrication et à rentre tien des armes communes. Il plaisait au prince de faire à cet égard de riches dons à ses officiers.
On voit que le trésor royal , surtout en temps de paix, était, en Israël, exonéré dans une large proportion des grandes dépenses qu'exige une armée.
La création d'une marine de guerre n'était appelée par aucun besoin. Il suffisait que la marine marchande fût pourvue de moyens de défense.
* II Reg. XI, 9 et 13. V. dom Galmet, Dissertation sur la milice des Hébreux.