‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 112 sur 339 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

et des routes, qui existaient bien longtemps avant David et Salomon, étaient sillonnées de caravanes. Celles-ci cumulaient alors des services importants. Elles communiquaient les nouvelles, accueillaient les voyageurs sans escorte et leur servaient de guides et de protecteurs. De cette sorte, elles mettaient presque tous ces pays en rapports continuels entre eux.

(( Le commerce des Adites avec l'Inde, l'Egypte et la Phénicie, remonte, dit M. Lenormant, si haut dans les temps , qu'il serait impossible d'essayer même d'en déterminer l'origine. Les caravanes d'encens, de myrrhe et de baume traversant l'Arabie, pour gagner le pays de Ghanaan, sont déjà mentionnées par la Bible dans l'histoire de Joseph ^ »

Les relations d'Israël avec ses voisins n'étaient pas gênées par la différence des langages. Tous les Sémites n'avaient qu'une langue mère, au sein de laquelle s'étaient formés des idiomes divers, à la vérité , mais compris par tous. Toutes les nations kouschites de la péninsule Arabique parlaient des dialectes d'une seule et même langue sémitique.

Les négociations de Salomon avec Hiram, du roi d'Israël avec les Pharaons; Hadad reçu à la cour d'Egypte, tous ces faits nous laissent entrevoir des relations politiques entre les pays voisins. Nathan et Gad , suivant la Bible , écrivirent l'histoire contemporaine de David et de ses rapports avec tous les peuples de la terre ^

Les communications d'Israël avec le Yémen, pays de la reine de Saba, ne peuvent laisser aucun doute.

* Hist. anc. de l'Orient, t. VI, p. 364. 2 I Parai, xxix, 29 et 30.

Nous savons d'une manière positive que, dans un intérêt commercial, la Palestine et l'Arabie s'envoyaient réciproquement des caravanes. Il existait donc entre ces deux pays un échange facile d'informations. On savait à Saba une grande partie des événements qui se passaient à Jérusalem sous Salomon. Ce roi y était connu, ses œuvres aussi. On n'ignorait pas le temple qu'il avait édifié , la magnifique ordonnance établie dans son royaume, les richesses acquises par ses soins, et surtout la sagesse de ses actes, de ses paroles et de ses écrits.

Les vaisseaux israélites qui allaient à Ophir relâchaient forcément, pour y renouveler leurs provisions et attendre les vents favorables, dans les ports du Yémen , dont le royaume de Saba formait une partie. Aussi la renommée du royal possesseur de la flotte s'était-elle répandue dans l'État des Adites; elle fut la cause du voyage de la reine de Saba. « La reine de Saba, dit l'Ecriture, apprit les grandes choses que Salomon avait faites au nom de Jéhovah ^ . »

Un grand nombre de commentateurs, d'après Josèphe, font de cette princesse une reine d'Ethiopie ^ Les livres historiques de ce pays, au rapport du savant explorateur anglais Bruce ^, sont remplis de détails) sur le voyage de cette reine, qu'ils nomment Mâkédâ, et qui embrassa, disent- ils , à

1 IIIReg. X, 1-5.

2 Josèphe la nomme Nicaulê ou Nicaulis {Ant. jud., VIII). Son récit contient des fautes nombreuses et considérables. Il est suivi par Raban-Maur , Jansen, etc., et par saint Jérôme {In Isaï. xliii), Origène {Homil. II in Cantic), saint Augustin {Serm. clii de Tempore), saint Grégoire de Nazianze {Orat. xl), saint Grégoire de Nysse {Hom. vu in Cantic).

^ Voyage à la recherche des sources du Nil, t. II, p. 370. (Cf. Ludolf, Historia œthiopica, 1. II, c. m.)

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