‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 113 sur 339 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Jérusalem le culte du vrai Dieu ^ Elle aurait eu de Salomon un fils, qui régna après elle, sous le nom de Memlek, et dont le surnom était Ebn-Hakim (Baina- Hekem), fils du sage. Sa mère voulut qu'il fût élevé par son père dans l'art de gouverner les peuples et l'envoya à la cour de Jérusalem. Devenu grand, Memlek porta ombrage aux princes israélites et fut contraint de regagner la patrie de sa mère. Mais Salomon, qui l'aimait beaucoup, ne consentit à son départ qu'à la condition que chaque Israélite de marque donnerait son fils aîné comme compagnon de route à Memlek. La loi de Moïse aurait ainsi été connue et observée sur la terre éthiopienne ^ Ces traditions, recueillies par M. Bruce , ont été contrôlées par un diplomate anglais, H. Sait, chargé, en 1809, de nouer des relations avec l'empereur d'Abyssinie. « Je me croyais, dit -il, transporté dans quelque tribu d'Israël, et il me semblait vivre à quelque mille ans en arrière, dans les siècles où les rois étaient pasteurs , où les chefs de Juda, armés de lances et de frondes, allaient sur des ânes et des mulets combattre les Philistins ^ » On sait, par le Nouveau Testament, que les livres de Moïse et ceux des prophètes étaient lus en

* De retour en Arabie, la reine aurait entretenu avec Salomon, qui était devenu son époux , un commerce de lettres par le moyen d'un oiseau nommé hudhud, qui en était porteur. Cf. d'Herbelot, Biblioth. orientale, art. Balkis.

^ Ces traditions , constatées par Bruce , se retrouvent dans le livre éthiopien : la Gloire des rois. Cf. Prœtorius, Fabula de regina Sàbsea apud Mthiopes.

3 H. Sait, Voyage en Abyssinie. Depuis Memlek jusqu'à la fin du .xviii« siècle , l'empire d'Ethiopie aurait appartenu aux descendants de Salomon, excepté pendant environ 340 ans, de 960 à 1300. A cette dernière date, Ikounou , de la race de Salomon, aurait remonté sur le trône de ses aïeux. (Dalmeida, Histoire de la haute Ethiopie. Cf. dom Galmet, III Reg-. x, 1.)

Ethiopie ; l'eunuque de la reine Gandace , venu adorer Dieu à Jérusalem, s'en retournait en lisant Isaïe, quand l'apôtre Philippe le rencontra et le baptisa*.

Quoi qu'il en soit des traditions éthiopiennes , la plupart des commentateurs modernes continuent de placer, avec dom Galmet, Saba en Arabie et à l'identifier avec Mariab, aujourd'hui Mareb *. Les traditions arabes, qui désignent la reine de Saba sous le nom de Balkis, la font régner aussi dans le Yémen ^. Nous regardons cette opinion comme la plus probable. D'abord Saba est toujours, par nos livres saints , placée en Arabie ^ ; de plus , les présents que la reine de Saba apporta à Salomon sont des produits d'Arabie; la Bible et les auteurs profanes en fournissent de nombreux témoignages ^

L'Évangile lui-même semble confirmer cette opinion. Il nomme la reine de Saba regina Austri, « reine du Midi, » et il place son royaume à l'extrémité de la terre *^, désignation qui ne convient proprement qu'à la position de l'Arabie à l'égard de la Palestine.

Enfin les découvertes modernes sont venues confirmer cette opinion.

* Act. VIII.

"^ Lenormant, op. cit., t. VI, p. 339. « Saba ne peut donner lieu à aucun doute. Le nom de Sabéens est donné par les écrivains de l'antiquité classique aux habitants du Yémen. Nous voyons par leurs propres monuments que ces habitants, ces Sabéens des Grecs et des Romains, appelaient eux-mêmes leur pays Saba et appliquaient quelquefois ce nom à leur capitale. » (Id., p. 342.)

^ Vocook^ Spécimen histor. Arabum, p. 59.

'* Job I, 15. Ps. Lxxi, 10. Isa. xliii, 3. Ezech. xxxviii, 13.

^ Isa. Lx, 6. Ps. Lxxi, 15. Jerem. vi, 20. Virgile, Georg, I, 1. Plin. 1. XII, XVII et XXXVII, vi.

^ Matth. xii , 42. Tacite se sert de la même locution que l'Évangile et place l'Arabie à l'extrémité de la terre : Terra finesque, qua orientent vergunt, Arahiâ terminantur {Hist. 1. V).

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