‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 116 sur 339 · CHAPITRE XX i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX i

indice. Elle offrit à Salomon 120 talents d'or, des pierres précieuses et une telle quantité de parfums, qu'on n'en vit jamais autant à Jérusalem. Selon . Josèphe, elle aurait joint à ces parfums l'arbre du baume, inconnu alors en Judée, et qui est devenu si commun en ce pays ^ . Entre Saûl et Salomon il n'y a que la durée d'un règne, et cependant qu'il est déjà loin le temps où l'on offrait au roi d'Israël, comme présent, un chevreau et une outre de vin^ ! Le roi, de son côté, offrit à la princesse tout ce qu'elle parut désirer, et beaucoup plus qu'elle n'avait ellemême apporté. Il y ajouta des présents dignes de sa magnificence , et la reine de Saba reprit avec sa suite le chemin de ses Etats ^

Si le récit de la vie de Salomon finissait à cet épisode , nul roi n'aurait dans l'histoire une gloire plus pure, et la postérité n'aurait rien à retrancher à l'éloge que lui adressa la reine de Saba. Un royaume créé par les victoires du père , agrandi , fortifié, embelli par la sagesse du fils; un peuple innombrable jouissant avec sécurité des douceurs de la vie, chacun tranquille et joyeux, assis à l'ombre de sa vigne et de son figuier ^* ; un temple cité au loin en Orient parmi les merveilles, élevé au Dieu de l'univers, digne de réunir dans l'hommage et la prière non seulement Israël, mais le genre humain tout entier; Jérusalem, fière de ses palais, forte de

* Ce trait, s'il est authentique, prouve que la reine de Saba venait d'Arabie, l'Ethiopie ne produisant pas la plante du baume.

2 IReg'. XVI, 20.

3 m Reg. X, 6-14. II Parai, ix, 5-12.

•* III Reg. IV, 25. En Palestine, les ceps étaient debout et fort élevés; on s'asseyait dessous. C'étaient d'ordinaire les troncs des figuiers qui les soutenaient, et c'est ainsi qu'on se mettait à la fois « sous sa vigne et sous son figuier » .

ses murailles, admirée de l'étranger, orgueilleuse de ses fêtes profanes et religieuses; l'Israélite libre, affranchi de toute corvée ; l'argent aussi commun que les pierres, le bois de cèdre autant que le bois de sycomore ; les villes devenues des greniers d'abondance, en prévision de la guerre et de la disette; une alliance étroite avec Tyr et l'Egypte; des flottes combinées avec celles de Sidon, allant d'un côté jusqu'aux Indes, de l'autre sur les rivages de la vieille Ibérie; Palmyre, élevée entre l'Orient et l'Occident comme un immense bazar où l'Asie et l'Europe venaient échanger leurs richesses et les produits de leur industrie; à la tête de l'État, dominant tout , un monarque vers lequel accouraient des plus lointaines contrées les peuples et les rois pour étudier la sagesse : tout cela, dix siècles avant Jésus- Christ, ceint le front d'Israël d'une gloire incomparable. Dieu le voulut ainsi, parce que cette gloire devait, dans tous les siècles, figurer les gloires évangéliques. « Toute la terre, dit de Salomon le fils de Sirac, toute la terre admirait vos cantiques, vos proverbes, vos interprétations, et glorifiait le nom de Jéhovah. »

Que le fils de Sirac ne s'est- il arrêté là! Pourquoi a-t-il ajouté : « Et après cela vous vous êtes fait l'esclave des femmes et de votre corps; vous avez imprimé une tache à votre gloire ; vous avez attiré la colère sur vos enfants et la vengeance sur vos folies ^ ? » Nous allons le voir au chapitre qui suit.

1 Eccli. XLVii, 18-22.

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