‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 121 sur 339 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

ses femmes lui faisait honorer la divinité de son pays ^ Ainsi le malheureux roi expérimentait la vérité de cette parole : « Les femmes font apostasier les anges ^ »

Le Seigneur irrité fît entendre sa voix aux oreilles de Salomon par la bouche d'un prophète Ahias, suivant Ménochius. Deux fois^ au temps de sa piété, Jéhovah avait daigné s'entretenir avec le fds chéri de David; une troisième fois il lui faisait entendre sa parole, mais comme à un disgracié, par message : parole terrible et vengeresse. La paix, la richesse, la gloire d'Israël, avaient vécu, et si les promesses faites à Israël depuis Abraham jusqu'à David et jusqu'à Salomon n'avaient pas été sans repentance, si la conservation d'Israël n'avait pas été liée , dans des vues providentielles, au salut du monde, peut-être la sentence de condamnation n'eût- elle pas laissé place à la miséricorde.

« Parce que tu as violé mon alliance , dit Jéhovah, et méprisé mes commandements, je déchirerai ton

comme roi de leur nation et dieu de la guerre. A ce dernier titre, il est représenté sur les monnaies avec une épée , une lance et un bouclier sur les mains, et deux brasiers à ses côtés. Saint Jérôme l'identifie à Béelphégor ; c'est, selon lui, le Priape des Latins {In Jos. IV, 14 et IX, 10; in Isa. xv, 2.) V. Num. xxi, 29. III Reg. xi, 7. IV Reg. xxiii, 13. Jerem. xLviii, 7.

* III Reg. XI, 1-10. IV Reg. xxiii, 13. — On n'est pas autorisé à affirmer que Salomon ait élevé plus de trois autels. Les Éthéens et les Edomites ne semblent pas avoir eu leurs dieux particuliers ; les premiers adoraient Astoreth, et les seconds Melcom. La fille du Pharaon n'apporta aucun culte idolâtrique; comme nous l'avons dit, on ne trouve dans Jérusalem et dans Juda aucun indice du culte égyptien. Ces autels s'élevaient sur le sommet nord du mont des Oliviers, qui prit dès ce jour le nom de Mons offensionis ou Mons scandali, nom qu'il portait au temps de Bochard.

2 Eccli. xix, 2.

royaume et le donnerai à l'un de tes serviteurs. Cependant, en souvenir de David ton père, je te laisserai finir tes jours avant d'exécuter ma sentence. Ce sera entre les mains de ton fils que la royauté sera divisée. Pourtant je ne lui enlèverai pas tout le royaume, mais je lui laisserai deux tribus, en mémoire de David, mon serviteur fidèle, et de Jérusalem, la cité de mon élection. Le reste obéira à l'un de tes esclaves*. »

Une pareille sentence , éclatant comme un coup de foudre sur cette âme apostate , livrée à tous les désordres, y fit -elle briller un éclair de repentir? Salomon s'écria-t-il comme David : «. J'ai péché? » Redit-il, en versant des larmes, la prière de la pénitence que son père avait léguée à tous les cœurs coupables et repentants : Miserere mei, Deus? Le récit biblique ne nous le dit pas. Il parle de la chute; il ne nous dit rien du repentir^. Les rabbins pensent généralement qu^il s'est converti ; les Pères de l'Eglise sont partagés. Les uns croient qu'il a réalisé en sa personne la parole formidable de ses Proverbes : « Arrivé aux profondeurs du crime , l'impie méprise. » Les autres nous laissent la consolation de penser qu'il a été « corrigé par la verge avec laquelle sont châtiés les coupables, et favorisé à la fin de la miséricorde de Jéhovah ^. »

Les coups de cette verge qui châtie les fautes des enfants des hommes frappèrent en effet Salomon;

1 IIIReg. XI, 9-13.

^ On lit au livre des Proverbes , dans la traduction des Septante (xxv, 13) : « J'ai fait pénitence. » Mais ce texte ne se trouve ni dans l'hébreu, ni dans la Vulg-ate.

^ II Reg. VII, 14. Dom Galraet, Dissertation sur le salut du roi Salomon; Motais, rEcclésiaste, t. II, p. 470.

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