‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 129 sur 339 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

de son administration. Elle atteint des hauteurs incomparables dans ses paroles et ses jugements redits partout; dans ses codes de sagesse éternelle, les Proverbes et TEcclésiaste ; dans une poésie vraiment divine, le Cantique des cantiques.

Le règne de Salomon est la prophétie de la gloire du Christ ressuscité, comme ses écrits sont la prophétie des richesses spirituelles de la grâce, des trésors de sagesse de l'Evangile, des règles et des lois que Jésus a données à ses apôtres, architectes de l'Eglise, législateurs de son peuple fidèle. Tout cet ensemble de gloires, de figures, de doctrines et de lois représente le triomphe de l'Evangile sur les peuples civilisés comme sur les peuples barbares. C'est le trône des Césars renversé, et dont, pour ainsi dire, les débris reconstitués servent de trône au successeur de saint Pierre, comme les temples païens , leurs colonnes ou leu^s débris servent à construire les premières églises, où l'autel du sacrifice non sanglant et la croix glorifiée s'installent avec honneur. C'est le règne sur les esprits, sur les législations, au delà de tout ce qu'on peut dire. Car, chose singulière! il n'est pas jusqu'aux constitutions modernes , aux lois contemporaines , aux institutions même hostiles à la religion, qui ne renferment en elles, dans ce qu'elles ont de meilleur, quelques restes de la religion et des trésors de sagesse de l'Eglise. Il n'est pas jusqu'au langage, même sur les lèvres de nos ennemis , qui ne trahisse les conquêtes et les transformations profondes réalisées par le christianisme dans tous les pays civilisés.

Ces lois devant lesquelles tous les citoyens sont égaux, cette douceur relative de nos codes, comparée aux sévérités des Solon, des Dracon, des Lycurgue,

sont encore filles de l'Evangile. Car la société, trop païenne à la surface , est plus chrétienne au fond que la plupart ne le supposent.

Salomon pour son peuple fut l'image incomplète mais saisissante de ce que le Christ a été pour son Eglise considérée par le côté de sa gloire.

Nous ne parlons pas des autres caractères messianiques de Salomon et de son règne. Nous avons traité ce sujet dans le volume où nous avons expliqué la prophétie de Nathan, et nous y renvoyons le lecteur. Il nous reste d'ailleurs une route longue à parcourir. Il nous faut rechercher l'élément messianique dans les Proverbes, dans l'Ecclésiaste et le Cantique des cantiques.

Le lecteur comprend bien que le Salomon infidèle n'a rien de commun avec le pieux et sage Salomon. Sa mission de type et de prophète était finie quand il tomba. Ses livres^, comme nous le verrons, étaient écrits. Toutefois, avant de détourner à jamais les regards des fautes de Salomon , que le lecteur nous permette de placer sous ses yeux, non des atténuations, mais quelques éclaircissements qui préviendront l'exagération de ses torts et en fixeront les limites certaines ou probables.

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