‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 140 sur 339 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Dans les Proverbes, Salomon remplit un rôle tout différent. Il ne parle plus en son nom, mais au nom de la sagesse. Cette sagesse se révèle à lui, vivifie de son souffle divin les 800 proverbes, et semble préluder à l'Evangile.

Enfin le Cantique des cantiques esquisse sous des traits allégoriques les rapports d'amour entre l'homme I et Dieu.

En considérant ainsi les écrits de Salomon, nous nous rencontrons presque en tout avec Théodoret. Voici ses paroles : « Salomon a composé trois ouvrages : les Proverbes, l'Ecclésiaste et le Cantique des cantiques. Le livre des Proverbes est un enseignement utile qui embrasse la morale ; l'Ecclésiaste se compose des indications, des observations sur la nature en tant qu'elle est perçue par les sens. Salomon y montre la vanité de la vie présente, afin que, connaissant sa fluidité et sa fragilité, nous méprisions les choses qui passent et désirions les choses permanentes et futures. Le Cantique des cantiques chante

Salomonis propositus. Deinde... transit ad institutionem omnium Reipublicae ordinum in Proverbiis. Postea aliquid sublime et divinum reprœsentatum videt et canit in Gantico (Pineda, In Koheleth, prsef., c. VI). Cf. Bernard. Se'tmi. I in Gant ; Lyra, In Cantic. praef. — On a suivi un ordre différent pour des raisons plus ou moins subtiles; citons entre autres le rabbin Jonathan : a Salomon, dit-il, a composé d'abord le Cantique, puis les Proverbes, et enfin l'Ecclésiaste : en effet, quand l'homme est jeune, il se plaît aux chansons; devenu adulte , il débite des paraboles ; vieux , il discourt sur les vanités. » C'est trop restreindre l'inspiration et le génie de Salomon. Nous préférons le témoignage du Koheleth, tel que nous croyons l'apercevoir dans le v. 9 du chap. xii, suivant l'hébreu : « Comme le Koheleth possédait, outre cela, des trésors de sagesse, il continua d'enseigner le peuple; il pesa, il scruta; il composa encore beaucoup de proverbes. Il rechercha les paroles charmantes. » Salomon ne semble -t- il pas désigner ici les Proverbes et le Cantique, et préparer le lecteur à les entendre ?

les amours mystiques de l'époux et de l'épouse. Les enseignements de Salomon se présentent donc à nous sous trois aspects ou à trois degrés, comme doctrine morale , doctrine naturelle et doctrine mystique ^ . »

Nous ne différons de Théodoret qu'en un point sans importance. Nous rangeons les livres dans leur ordre logique, ordre qui d'ailleurs pourrait bien être aussi l'ordre chronologique, l'ordre de leur composition , ainsi que nous le dirons plus tard ; car on ignore absolument par quel ouvrage Salomon a commencé et fini ses écrits.

Tels sont les seuls livres sapientiaux qui, d'après la tradition, émanent directement de Salomon.

Un assez grand nombre d'auteurs anciens et modernes^ attribuent à Salomon le livre de Job. Bien que nous n'ayons pas à discuter ce point, nous dirons leurs raisons. Ils s'appuient sur la ressemblance de style et de pensées entre les livres de Salomon et celui de Job ^ Une poésie si achevée, disent-ils, et si semblable à celle de la période la plus brillante du peuple hébreu , ne doit- elle pas être rapportée à la même époque? D'ailleurs le contenu du livre, ces connaissances si variées dans l'histoire naturelle, ces descriptions si exactes des animaux et de leurs mœurs, de la fabrication du verre , les métaux précieux , les perles , les pierreries , le commerce et la navigation florissante , tout cela n'indique -t- il pas une civilisation avancée, telle

* Cf. Origen. Homil. I in Cantic.

'^ V. Spanheim, Hist. Jobi, c. xvi, § 40; Jaquelot, Dissert, sur l'existence de Dieu, c. xxiii; le P. Hardouin, Chronol. Vet. Testam,; Staeudelin, Richeter, Schlottmann , etc.

^ V. Rosenmuller , praef. In Job; Le Hir, le Livre de Job, p. 239.

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