CHAPITRE IV
l'eCGLÉSIASTE ou KOHÉLETH. — SON AUTEUR
Jusqu'à Grotius, les Juifs et les chrétiens avaient toujours, et d'un consentement unanime, regardé l'Ecclésiaste comme l'œuvre de Salomon. Ce critique audacieux, audax criticorum genus, comme l'appelle Bossuet ^ , contredit ouvertement le premier les antiques traditions. Il crut remarquer des chaldaïsmes dans les textes du livre. Il n'en fallut pas davantage, et, appuyé sur quelques autres faibles raisons, Grotius déclara devant ses contemporains étonnés que la composition du Kohéleth ne pouvait être antérieure au temps de la captivité.
On a tour à tour condamné , justifié , abandonné et repris l'opinion de Grotius. Aujourd'hui presque tous les rationalistes et les protestants l'adoptent, et comme il n'y a ici ni question de foi ni question de doctrine engagées , bon nombre de catholiques hésitent à reconnaître dans l'Ecclésiaste l'œuvre de Salomon^. Ils invoquent contre la paternité de Salomon, non seulement les araméismes , mais d'autres raisons encore. Les sujets traités, disent-ils, ne se rapporteraient ni à Salomon ni à son époque :
* Ecclesiastes , prsef.
2 Nous citerons Jahn et Herbst, dans leur Einleitung in das A. T., et Movers, dans son Kirchenlexikon.